Revue de presse

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Francis Szpiner, avocat et ex-maire du 16ᵉ ...

Le Monde · 09/07/2026 · ← revue

Selon nos informations, également dévoilées par Le Parisien, l’avocat et sénateur Francis Szpiner a été mis en examen pour corruption passive par un élu, jeudi 9 juillet, à la suite de son placement en garde à vue deux jours plus tôt. Les magistrats et les enquêteurs s’intéressent aux conditions d’attribution, en 2023, d’un logement social dans le 16e arrondissement de Paris, où Francis Szpiner était alors maire (2020-2023), à une femme de 27 ans, quelques mois après sa demande. Cette dernière n’est, pour l’heure, pas considérée comme une victime dans ce dossier. Elle a été mise en examen jeudi, pour corruption active d’un élu, et a été « placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact avec Francis Szpiner », confirme le parquet de Paris. Contactée, l’avocate de la jeune femme, Me Marie Violleau, n’a pas souhaité faire de commentaire. L’avocate de Francis Szpiner, Me Caroline Toby, n’a pas répondu à notre sollicitation. « Mon client conteste avec la plus grande fermeté les faits qui lui sont reprochés. Il s’expliquera ultérieurement devant le juge d’instruction », a-t-elle déclaré auprès de l’Agence France Presse après publication de notre article. A la fin d’avril 2025, alors que son domicile et son ancien bureau à la mairie étaient perquisitionnés, Francis Szpiner, 72 ans, avait démenti « toute corruption » sexuelle auprès de BFM-TV. L’enquête préliminaire a été ouverte le 18 octobre 2024 « sur la base d’éléments communiqués au parquet de Paris dénonçant l’attribution de logement social en contrepartie de relations sexuelles », fait savoir le ministère public au Monde, en confirmant la mise en examen de M. Szpiner. S’était ensuivi l’ouverture d’une information judiciaire le 7 avril 2025 et une demande de levée d’immunité de celui qui est devenu depuis sénateur (Les Républicains) de Paris, accordée le 28 mai par le bureau de la Chambre haute. « Francis Szpiner n’a pas été placé sous contrôle judiciaire, dans la mesure où la demande de levée d’immunité n’a pas été traitée dans les temps par le Sénat », a précisé le parquet de Paris. Selon nos informations, le bureau du Sénat, qui avait prévu de se réunir le 16 juillet concernant d’autres points, a modifié in extremis, le 8 juillet, son ordre du jour pour y ajouter l’examen de la demande de la justice sur le contrôle judiciaire. L’affaire, dévoilée en amont de la campagne des municipales à Paris, pour laquelle il s’était déclaré candidat, avant de se retirer au profit de Rachida Dati, trouve sa source dans une autre procédure judiciaire, sans lien avec l’élu et bien antérieure à l’annonce de sa candidature, en mars 2025. Celle-ci concerne un dossier de violences conjugales. Un enregistrement, consulté par Le Monde, avait été produit par l’homme accusé de violences, qui y voyait une manière d’attaquer les bonnes mœurs de son ex-conjointe. On y entend la jeune femme raconter à un ami ses tentatives d’obtenir auprès de Francis Szpiner un logement social dans le 16e arrondissement.

Situation précaire

« La dernière fois, il a fait le sauvageon avec moi, genre il a voulu me toucher et tout, il s’est mis sur le canapé à côté de moi, explique Carla (le prénom a été modifié) à son interlocuteur. Et après, il me dit quoi ? “Tu vois, c’est compliqué pour avoir un logement.” » « Ah ! il a voulu te faire comprendre que… en contre… », rebondit son ami. « En contrepartie… », confirme-t-elle après avoir prononcé quelques mots inaudibles. Obtiendra-t-elle plus qu’un F1 – un appartement composé d’une seule pièce principale, avec cuisine et salle de bains séparées, normalement proposé aux personnes seules ? « Si je passe à la casserole, sûrement », poursuit Carla. La jeune femme est alors dans une situation très précaire. Depuis qu’elle a porté plainte contre son ex-conjoint et que celui-ci a été incarcéré, au début de 2023, Carla a dû quitter le grand appartement qu’ils partageaient dans cet arrondissement cossu de l’Ouest parisien. Elle peine à retrouver un logement et dort chez des amis, dans des chambres d’hôtel ou dans des cages d’escalier. Conseillée par une assistante sociale de la mairie du 16e arrondissement, Carla fait les démarches pour obtenir un logement social, mais les délais annoncés – six ou sept ans – la découragent. Au début de 2023, après avoir écrit à plusieurs élus, elle rencontre Francis Szpiner à la mairie à plusieurs reprises pour expliquer sa situation. Interrogée par la justice au sujet de l’enregistrement, elle affirme avoir eu, à ces occasions, des relations sexuelles avec l’ancien maire, désormais sénateur de Paris. Quelques mois plus tard, son dossier est choisi par la commission d’attribution et elle obtient un logement social. Mise à jour le 9 juillet à 21 h 45 : ajout de la réaction de l’avocate de Francis Szpiner, Me Caroline Toby, auprès de l’AFP, et de nos informations sur le bureau du Sénat.