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Finances locales : à Paris-Saclay les élus dénoncent

Les Échos · 17/07/2026 · ← revue

Par Alain Piffaretti

« L'appel d'Orsay », comme ils le nomment eux-mêmes, réunit une cinquantaine de maires et parlementaires de Paris-Saclay et de l'Essonne dénonçant une équation financière intenable. A l'initiative du maire (PS) d'Orsay, Rémy Darmon, les élus de tous bords politiques, dont le président de l'agglomération Gregoire de Lasteyrie, maire Horizons de Palaiseau et président de l'agglomération Paris-Saclay, dénoncent la baisse continue des aides de l'Etat aux collectivités du plateau de Saclay, alors même qu'il leur est demandé de soutenir l'opération d'intérêt national (OIN) Paris-Saclay. Rémy Darmon affirme que la dotation globale de fonctionnement (DGF), versée par l'Etat à sa commune est passée de 3 millions d'euros en 2010 à 730.000 euros en 2025, avant de tomber à 400.000 euros en 2026. « C'est insupportable. Je tire la sonnette d'alarme. C'est intenable pour une ville comme Orsay », insiste le maire. Cette baisse intervient au moment où la commune doit absorber de nouvelles dépenses liées aux grands projets du territoire. L'arrivée du nouvel hôpital a nécessité le renforcement du service de l'état civil. L'ouverture prochaine d'une gare de la ligne 18 du Grand Paris Express a conduit la ville à recruter des policiers municipaux supplémentaires et à investir 300.000 euros dans la vidéoprotection.

Répercussions sur les équipements publics

À plus long terme, les nouveaux quartiers de Corbeville et du Moulon devraient accueillir près de 7,000 habitants supplémentaires, avec les besoins en écoles, équipements publics et services municipaux que cela implique. Rémy Darmon réclame ainsi une révision des critères de calcul de la DGF afin qu'ils tiennent davantage compte des spécificités des communes en forte croissance. Au-delà des finances de la commune, le maire pointe également les difficultés rencontrées avec l'Etablissement public d'aménagement Paris-Saclay (Epaps), chargé par l'Etat de piloter l'aménagement du plateau. Selon lui, les contraintes budgétaires de l'établissement se répercutent désormais sur les équipements publics attendus par les futurs habitants. « C'est d'autant plus intolérable que nous ne sommes pas associés aux décisions », affirme l'élu qui cite notamment un projet d'école et celui d'un équipement socioculturel dont les ambitions auraient été revues à la baisse afin de réduire les coûts. La nouvelle mobilisation s'inscrit dans un climat déjà tendu sur le plateau de Saclay. Il y a quelques semaines, une première manifestation avait été organisée à l'initiative de Grégoire de Lasteyrie, maire Horizons de Palaiseau et président de l'agglomération Paris-Saclay. Les élus dénonçaient alors un manque de concertation avec l'établissement public d'aménagement et s'inquiétaient également de voir certains équipements publics servir de variable d'ajustement dans les arbitrages financiers.

Alain Piffaretti