Expert en construction, le nouveau maire de Sommières annule une vente immobilière de son prédecesseur

Par Hubert Vialatte
Ce 1er juillet, en conseil municipal, la ville de Sommières a annulé la vente de terrains situés dans la zone d'aménagement concerté (ZAC) Massanas-La Crouzade à la société La Condamine. Le 9 mars dernier, quelques jours avant le premier tour des élections municipales, l'ancien maire, Pierre Martinez, avait fait voter une délibération qui prévoyait la vente de ces terrains à cette société détenue par l'aménageur-promoteur Angelotti (Nexity). Alors dans l'opposition, Stéphane Porret, élu maire en mars, et Jean-Pierre Bondor, devenu son adjoint, avaient voté contre cette délibération. « La commune a voté la vente de deux parcelles à la société La Condamine, représentée par Roch Angelotti (devenu entre temps directeur général d'Edouard Denis, à Paris, ndlr). La première, de 5.978 m2, pour 149.450 euros hors taxes hors droits, la seconde, de 67.437 m2, pour 1,659 millions d'euros », détaille Stéphane Porret.
Prix de vente jugé « illicite »
Et de poursuivre : « En octobre dernier, France Domaine a estimé le mètre carré sur ces zones à 39 euros. Cette vente correspond à 25 euros le mètre carré. Il y a un manque à gagner de près de 1,1 million d'euros pour la commune. Cette cession, bien au-dessous du prix, constitue une libéralité illicite. » Le nouveau maire, spécialiste de l'immobilier et de l'acte de bâtir (passé notamment par Vinci Construction, et aujourd'hui expert de justice près la cour d'appel de Nîmes), ajoute également que le premier versement de l'aménageur, à hauteur de 550.000 euros, n'a jamais été effectué. « Il était conditionné à la création de la ZAC, et il a pourtant été inscrit au budget », avance-t-il. La commune de Sommières doit rembourser 1,5 million d'euros à l'Etablissement Public Foncier (EPF) d'Occitanie qui a porté le foncier durant cette opération.
Ecoquartier
La zone d'aménagement concerté Massanas-La Crouzade doit devenir un écoquartier, avec plus de 300 logements sur 10 hectares, avec environ 20 % de logements sociaux. Située au sud du lycée Lucie-Aubrac, cette zone doit également recevoir des locaux commerciaux et un gymnase. Fabrice Lacan, ancien élu de la majorité désormais dans l'opposition, s'interroge : « Qu'en est-il des finances de la ville avec cette décision ? Cette recette permettait de solder la dette à l'EPF et de ne pas emprunter. » « Cette délibération nous permet de reprendre la main sur ce dossier, de tout remettre à plat. Il me reste à rencontrer l'entreprise Angelotti. Le projet n'est pas abandonné pour autant », rétorque Stéphane Porret, vainqueur lors des élections municipales de mars face au maire sortant, Pierre Martinez, et l'élu DVG Christophe Clément (54,56 % contre 33,07 % et 12,37 %).