En Auvergne-Rhône-Alpes, la Région accorde une rallonge aux communes pour financer leur sécurité

Par Françoise Sigot
Au lendemain des violences commises en marge des manifestations de ces dernières semaines, la Région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA) renforce son plan pour la sécurité des communes. Matériels de contrôle et de détection pour les polices municipales, protections adaptées à la lutte contre les drones, bornes anti-véhicules béliers, systèmes de vidéoprotection intelligente avec caméra intégrant de l'intelligence artificielle, mais aussi boucliers, protections individuelles et équipements des brigades cynophiles et équestres. A partir du 1er janvier prochain, la Région Auvergne-Rhône-Alpes subventionnera les communes qui souhaitent acquérir ce type d'équipements pour leur police municipale. « Notre volonté est de ne pas laisser les maires seuls, face à une délinquance qui évolue. Les forces de l'ordre sont surchargées, parfois même méprisées, les maires sont démunis », justifie Renaud Pfeffer, vice-président du conseil régional en charge de la sécurité et du sport. La collectivité débloque donc 10 millions d'euros fléchés vers les communes qui investiront dans la sécurité.
60 millions déjà engagés
La mesure n'est pas nouvelle. Depuis 2016, la Région Auvergne-Rhône-Alpes a fait le choix de subventionner ces équipements en versant une aide financière aux communes qui les acquièrent. Elle a jusqu'à présent consacré 60 millions d'euros à ce dispositif. « Nous avons ainsi déjà aidé 1.044 communes », fait valoir le vice-président. Et Renaud Pfeffer de mettre en avant les 20.000 caméras de vidéosurveillance déjà financées par la Région AURA dans des communes de toutes tailles. « C'était l'objectif que nous nous étions donné pour la fin du mandat. Cela a permis de protéger 126 écoles, 94 centres de supervision urbains et 21 locaux abritant des forces de l'ordre », précise-t-il. Notre volonté est de ne pas laisser les maires seuls, face à une délinquance qui évolue. Renaud Pfeffer, vice-président du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes en charge de la sécurité Pour l'exécutif régional, cette rallonge était indispensable pour faire face à de nouvelles formes de délinquance qui obligent les communes à investir dans des équipements plus performants. « Nous devons à nos policiers municipaux de leur apporter les moyens de mieux se protéger pour mieux nous protéger », résume Fabrice Pannekoucke, président du conseil régional AURA. En plus des moyens supplémentaires, la Région promet de simplifier les démarches des communes qui sollicitent une subvention, notamment pour accélérer le traitement des dossiers et limiter le nombre de pièces à fournir, mais sans encore dévoiler précisément les nouvelles modalités.
Hors compétences
Même si Renaud Pfeffer a pris soin d'affirmer que le dispositif d'aide aux communes était « plébiscité par les maires et les élus locaux », en présentant son rapport à l'Assemblé plénière du 22 octobre dernier, il n'a pas convaincu ses opposants. « Cette intervention est hors compétences », ont tour à tour dénoncé Bénédicte Pasiecznik pour le groupe les Ecologistes et Reynald Giacalone pour le groupe PRG-CG. Au-delà de la question soulevée par les compétences du conseil régional, les élus d'opposition ont profité de cette rallonge budgétaire pour fustiger l'approche sécuritaire de l'exécutif en place. « Ce rapport repose sur une vision très partielle des enjeux. La sécurité des territoires passerait principalement par davantage de surveillance, pourtant chacun sait que la sécurité ne se résume pas au matériel et aux contrôles, mais qu'elle repose aussi sur la prévention, l'éducation, l'accès aux services publics et le soutien aux associations », a lancé Pierre Guillaumin pour le groupe communiste, insoumis et citoyens. Pas de quoi déstabiliser le président de la collectivité. « Il est de notre responsabilité de protéger ceux qui nous protègent », a conclu Fabrice Pannekoucke, avant de faire adopter cette augmentation budgétaire en faveur de la sécurité dans les communes au nom du continuum desécurité mis en place par la Région et qui inclut les actions en direction des communes, mais aussi des transports et des lycées.