Revue de presse

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Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, se rendra aux Etats-Unis pour rencontrer son homologue à New York, Zohran Mamdani

Le Monde · 10/09/2026 · ← revue

Depuis son élection à la mairie de New York, le 5 novembre 2025, le démocrate Zohran Mamdani suscite l’intérêt de la gauche française : socialiste revendiqué au pays du capitalisme roi, plus jeune maire de la ville depuis plus d’un siècle, premier musulman à occuper la fonction… Le phénomène Mamdani a fait forte impression jusque de notre côté de l’Atlantique, au point d’irriguer la campagne de plusieurs candidats lors des municipales parisiennes de mars. Six mois après son installation à l’Hôtel de ville de Paris, Emmanuel Grégoire (Parti socialiste, PS), pourra se vanter d’être le premier élu français à le rencontrer, lors d’un déplacement dans la capitale économique des Etats-Unis, du 18 au 21 septembre. Le successeur d’Anne Hidalgo doit participer à un sommet de l’Urban 20 (U20), une initiative de diplomatie des villes, cocréé par l’ancienne maire de Paris en 2017, qui se tient à New York avant l’Assemblée générale de l’ONU. Le conseiller diplomatique d’Emmanuel Grégoire, Aïssa Ghalmi, qui l’accompagnera dans ce déplacement avec Audrey Pulvar, adjointe (PS) chargée des relations internationales, précise au Monde que le maire de Paris est « l’invité d’honneur » du maire de New York, qu’il rencontrera en tête-à-tête en amont de l’U20. « La ville de New York est très demandeuse d’avoir une relation privilégiée avec Paris », assure Aïssa Ghalmi, qui indique que Zohran Mamdani a sollicité Emmanuel Grégoire dès les semaines qui ont suivi son accession à l’Hôtel de ville. Cela fait un moment que le maire de Paris, de son côté, observe son homologue new-yorkais, assumant s’en inspirer sur le fond comme sur la forme. « Il y a des similitudes entre nous, on se regarde l’un l’autre », racontait-il à des journalistes, en juin. Les deux hommes usent du même style de communication, avec des vidéos informelles dans lesquelles ils se plaisent à répondre à leurs détracteurs. En août, Zohran Mamdani s’est mis en scène dans une vidéo où il publiait les nombreux commentaires critiquant le fait qu’il ne portait pas de casque à vélo, avant de répondre : « vous avez raison, je dois faire mieux », et de se coiffer d’un casque ; une publication quasi identique à celle postée par Emmanuel Grégoire trois semaines plus tôt dans laquelle il promettait de désormais « mettre [son] casque à chaque fois ». De quoi faire croire au Français que, ce jour-là, l’Américain s’était « inspiré » de lui.

Déplacements « exceptionnels »

Mais les deux hommes ne jouent pas dans la même catégorie : 160 000 abonnés sur Instagram pour le Parisien, 12,3 millions pour le New-Yorkais. Pour piloter la ville, le premier dispose d’un budget d’un peu moins de 10 milliards d’euros pour 2 millions d’habitants, quand le second administre une mégapole de 8,4 millions d’habitants avec près de 125 milliards de dollars (107 milliards d’euros). Si les échelles diffèrent, « on tire un fil commun sur l’hyperproximité », considère le maire de Paris, que l’on peut croiser dans le métro, tout comme Zohran Mamdani est régulièrement aperçu à vélo dans les rues de New York. Sur le fond, les deux édiles se rejoignent sur les principales lignes de leur programme visant à garder la grande ville la plus chère de leur pays abordable pour ses habitants, en priorisant l’accès au logement. Ce sujet sera d’ailleurs au cœur de leur rencontre, avec celui de l’adaptation des villes au changement climatique. Les deux élus se différencient toutefois sur leurs parcours : alors que Zohran Mamdani a accédé au pouvoir en battant les candidats de l’establishment, Emmanuel Grégoire s’inscrit dans la continuité de la majorité socialiste et fut premier adjoint d’Anne Hidalgo (2018-2024). A la fin de son mandat, cette dernière avait été très critiquée pour ses nombreux voyages, dont un déplacement polémique à Tahiti, fin 2023, pour lequel une enquête du Parquet national financier est toujours en cours. Promettant une « rupture de méthode », Emmanuel Grégoire s’était engagé à « ne pas quitter Paris la première année de [son] mandat », dans un entretien au Monde, en février 2026. « Qui peut imaginer que le maire de Paris, capitale européenne et mondiale, ne réponde pas à l’invitation officielle de Zohran Mamdani ? », justifie aujourd’hui son entourage. « Nous partageons des combats communs, notamment celui de protéger nos villes et leur diversité, alors que l’extrême droite progresse partout. Mais je veux aussi rassurer les Parisiennes et les Parisiens : ces déplacements resteront exceptionnels », promet quant à lui Emmanuel Grégoire.