Eaux usées : huit communes des Hauts-de-Seine cherchent leur prochain concessionnaire

Sous les rues de Boulogne-Billancourt, Meudon ou Vanves, dans les Hauts-de-Seine, se joue une part pour le moins invisible de l'aménagement du territoire. C'est ce patrimoine souterrain, dont l'histoire remonte au Moyen Age, que l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest (GPSO) s'apprête à confier, à partir de 2028, à un nouvel opérateur chargé de gérer la collecte des eaux usées et pluviales de ses huit communes. Un service essentiel pour quelque 320.000 habitants. La concession couvrira les villes de Boulogne-Billancourt, Chaville, Issy-les-Moulineaux, Marnes-la-Coquette, Meudon, Sèvres, Vanves et Ville-d'Avray. Elle concerne environ 23.000 abonnés : particuliers, copropriétés, entreprises ou autres professionnels. En 2025, 15,7 millions de m3 d'eau ont été consommés sur le territoire de GPSO. Sur ce même périmètre, le patrimoine à entretenir est considérable, avec 243 kilomètres de réseaux d'eaux usées, 46 kilomètres de réseaux d'eaux pluviales et 102 ouvrages. Jusqu'ici, le service était assuré par Seine Ouest Assainissement, un groupement composé de Veolia pour l'exploitation et de NGE pour les travaux. Son successeur prendra le relais le 1er janvier 2028 pour six ans, soit moitié moins que le contrat précédent. Une façon, explique GPSO, de conserver davantage de souplesse. « Cela nous paraît aujourd'hui une durée plus raisonnable, notamment pour ne pas installer des monopoles d'intervention » explique Bernard Gauducheau, maire (UDI) de Vanves et vice-président de GPSO chargé de la Planification et suivi du Programme Pluriannuel des Investissements , espace public, voirie, réseaux, espaces verts et propreté.
Un contrat estimé à 42 millions d'euros
Cette remise en concurrence représente un marché important. Le chiffre d'affaires du futur délégataire est estimé à 42 millions d'euros hors taxes sur les six années du contrat. Celui-ci prévoit également un programme d'investissement annuel de l'ordre de 4,5 millions d'euros. Le détail des travaux et l'ensemble des obligations de l'opérateur seront fixés dans le cahier des charges. Le contrat s'inscrit dans une politique engagée depuis la création de l'intercommunalité. GPSO a ainsi attaché l'assainissement à ses compétences en 2003, avec l'objectif de programmer les travaux à l'échelle de ses huit communes : « nous avons la chance d'avoir un territoire très intégré, qui a décidé dès l'origine de définir un plan pluriannuel d'investissement et de réaliser des travaux réguliers et importants », souligne l'élu. En moyenne, près de 6 millions d'euros sont investis chaque année et, en 2025, environ 1,6 kilomètres de canalisations ont été réhabilités.
Quelque 350 opérations en dix ans
Mais le chantier est loin d'être achevé puisque le nouveau schéma d'investissement, qui couvre la période 2025-2035 prévoit la programmation de 300 opérations de réhabilitation des réseaux et 50 interventions complémentaires. Ces dernières doivent, précise Bernard Gauducheau, « prévenir les débordements et améliorer la surveillance des ouvrages avec une priorité donnée aux tronçons les plus fragiles », même si GPSO estime disposer déjà d'un réseau fiable et moins dégradé que dans d'autres territoires. Au-delà de l'entretien courant des réseaux, l'établissement public territorial attend de son prochain opérateur des solutions nouvelles pour fiabiliser les installations, allonger la durée de vie des travaux et empêcher les déperditions d'eaux usées dans les nappes phréatiques. L'enjeu est à la fois territorial et environnemental : préserver le patrimoine souterrain et maintenir le même niveau de services dans les huit communes. Les entreprises et groupements candidats ont jusqu'au 4 novembre pour se manifester.