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Dans les Yvelines, les communes au secours des commerces de proximité - Les Echos

Les Échos · 06/11/2026 · ← revue

Par Alain Piffaretti

Pour enrayer la fermeture des commerces de centre-ville, des collectivités des Yvelines ont décidé de mettre en oeuvre plusieurs leviers : pression fiscale sur les propriétaires, maîtrise du marché immobilier commercial et accompagnement des porteurs de projets. La taxe sur les friches commerciales (TFC) est l'un des premiers outils mobilisés. Il s'agit d'inciter les propriétaires à remettre en location ou à vendre leurs locaux plutôt que de les laisser durablement inoccupés. Un local inexploité depuis plus de deux ans peut être imposé. La taxe prévoit des taux légaux de 10 % sur la valeur locative la première année, 15 % la deuxième et 20 % à partir de la troisième. Une exonération est possible en cas de preuve d'une démarche réelle pour trouver un repreneur ou de travaux indispensables.

Poissy et Rambouillet

La commune de Poissy (Yvelines) a été l'une des premières à adopter ce dispositif fiscal dès 2016. Le bilan semble encourageant : entre 2016 et 2027, le nombre de locaux assujettis à la taxe a chuté de 75 %, passant de 15 à seulement 4. Autre stratégie possible : mélanger fiscalité et intervention sur le marché immobilier lui-même. C'est l'option prise par la municipalité de Rambouillet qui compte actuellement environ 620 commerces, dont plus de 300 dans son centre historique. La ville utilise son droit de préemption commercial pour certains fonds, baux ou locaux dans un périmètre défini. Elle a également instauré une taxe sur les friches commerciales en septembre 2023. Selon une étude de la Fédération des acteurs du commerce dans les territoires, reprise dans un rapport du Sénat de juillet 2026, le taux de vacance commerciale est passé dans la commune de 12 % à 7,5 % entre 2019 et 2024.

Attirer des commerçants

Les communes sont cependant bien conscientes que taxer ne suffit pas. Encore faut-il attirer des commerçants, avec des loyers accessibles et des locaux adaptés. Certaines misent ainsi sur des programmes d'accompagnement des propriétaires et des porteurs de projet. Mantes-la-Jolie, par exemple, a recruté un manager de centre-ville, dans le cadre du programme national Action Coeur de Ville. Ce dernier procure une aide aux démarches administratives et à la recherche de locaux et de financements. Il favorise également la transition numérique pour les commerçants. La commune utilise aussi son droit de préemption sur les baux commerciaux pour orienter les installations vers des activités répondant aux besoins des habitants. La commune de Saint-Arnoult-en-Yvelines, bien qu'elle ait aussi mis en place en septembre 2026, une taxe progressive pour les locaux vacants depuis deux ans et plus, privilégie également le dialogue et la concertation avec les propriétaires de bonne foi, afin d'identifier une issue possible.

Alain Piffaretti