Revue de presse

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Chantier de la basilique Saint-Denis : après l’élection de Stéphane Bern, Bally Bagayoko dénonce une « rupture inédite »

Le Monde · 31/07/2026 · ← revue

« Voyez la basilique… notre pays s’est inventé ici. » C’est devant les portes de la basilique Saint-Denis, place Victor-Hugo, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), que Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise (LFI) à l’élection présidentielle, a choisi de faire son premier meeting de campagne, le 7 juin. L’édifice hautement symbolique, « cimetière aux rois », continue de faire l’actualité : le pilotage du chantier visant à réparer sa flèche et sa tour nord, abîmées par la foudre en 1837, suscite désormais une passe d’armes politique. L’association Suivez la flèche, chargée des travaux depuis le début du projet, en 2016, a élu comme nouveau président l’animateur Stéphane Bern, à l’issue d’un conseil d’administration le 24 juillet. Un coup d’éclat, alors qu’il est de coutume que le poste soit attribué au maire de Saint-Denis, fonction occupée par l’« insoumis » Bally Bagayoko. L’élu s’en est offusqué dans un communiqué de presse, deux jours plus tard, le 26 juillet, rendant publiques des tensions existant depuis plusieurs mois. « Cette élection constitue une rupture inédite », y écrit-il. Contacté par Le Monde, il affirme avoir retiré sa candidature peu avant le conseil d’administration et quitté l’assemblée générale en protestation. « Dans cette association de loi 1901, le président est élu. Ce n’est pas héréditaire comme dans une monarchie ! », a lancé en retour Stéphane Bern, interrogé par Le Parisien. Dans son communiqué, Bally Bagayoko souligne par ailleurs des irrégularités dans le vote, notamment la participation de représentants de personnes morales n’adhérant plus à l’association. Il envisage de porter le litige en justice : « Un référé est en cours, un avocat s’en est saisi », précise-t-il, assurant qu’il ne s’agit pas là d’une affaire d’ego mais de droit. « Une polémique créée de toutes pièces », balaie le socialiste Mathieu Hanotin, ancien maire de Saint-Denis, et jusqu’alors président de l’association, joint par Le Monde. Pour ce dernier, cette histoire relève au contraire d’une guerre d’ego : « Aujourd’hui, malheureusement, quand il y a un résultat qui ne nous plaît pas, mieux vaut salir et jeter le doute. Si M. Bagayoko était resté [à l’assemblée générale], force est de constater qu’il n’aurait pas gagné. La réalité, c’est qu’il n’a pas fait preuve de sa capacité à rassembler. »

« C’était dans les tuyaux »

Comment expliquer la soudaine émergence de Stéphane Bern à la tête de Suivez la flèche ? S’il siégeait déjà au conseil d’administration de l’association, l’animateur assume avoir été sollicité pour le poste. « C’était déjà dans les tuyaux », confirme Mathieu Hanotin, loin d’être surpris par la nouvelle. Le maire « insoumis », comme une partie de ses soutiens, dénonce « une commande » de l’Etat, avec le « concours de plusieurs responsables exerçant de hautes fonctions au sein des administrations ». Parmi eux, l’élu de Saint-Denis évoque un appel entre la préfecture d’Ile-de-France et Stéphane Bern lui-même. Sollicités, ni Stéphane Bern ni la préfecture n’ont souhaité s’exprimer. En l’absence d’autre candidature, après le départ de Bally Bagayoko et de son entourage, le conseil d’administration de Suivez la flèche, composé d’élus, mais également d’experts du patrimoine, de financeurs et d’associations culturelles, a donc tranché en faveur de l’animateur qui a obtenu la totalité des suffrages exprimés. S’il a proposé à l’élu « insoumis » une place de vice-président au sein de l’association, celui-ci a décliné, assumant ne pas vouloir faire partie « d’un bureau [qu’il] a [lui-même] contesté sur des éléments juridiques ». Prochaine mission pour l’animateur star : « Renforcer la visibilité du chantier et rassembler » en s’appuyant sur sa notoriété, a-t-il assuré au Parisien. Il lui reste à réunir les 4 millions d’euros manquant encore au projet, aujourd’hui financé à hauteur de 90 %.