« Ça a tourné au vinaigre très tôt » : deux semaines après, Emmanuel Grégoire raconte son 17 octobre

« Ça a tourné au vinaigre très tôt » : deux semaines après, Emmanuel Grégoire raconte son 17 octobre Invité dimanche du « Grand Oral BFMTV-Le Figaro », le maire socialiste de Paris a mis en cause la stratégie de maintien de l’ordre.
Au lendemain d’un troisième samedi de mobilisation contre la vie chère, qui s’est achevé « sans incident majeur » en fin de soirée, avec seulement 779 interpellations - soit moins d’un tiers du nombre enregistré lors de la journée chaotique du 17 octobre - le maire PS de Paris reprend la parole. Plutôt rare médiatiquement ces dernières semaines, Emmanuel Grégoire est revenu, dimanche lors du « Grand Oral BFMTV-Le Figaro », sur cette journée noire. Au cœur des événements, il dit avoir été témoin de scènes qui l’ont « profondément choqué » de la part de casseurs, envers lesquels il assure « ne pas avoir la moindre indulgence ». Pire, faute d’effectifs suffisants, « il y aurait pu avoir un drame », affirme-t-il. Tout a commencé en fin de matinée. Vers 11 h-11 h 30, depuis la cellule de crise de la police municipale, d’où il a accès à toutes les caméras, l’élu socialiste constate que les rassemblements ont démarré plus tôt que prévu et que leur « physionomie » est inhabituelle. Un constat qu’il appuie sur son « expérience très intime » de la crise des « gilets jaunes », vécue à l’époque comme premier adjoint d’Anne Hidalgo. Et, de fait, la situation a « tourné au vinaigre très tôt ». » LIRE AUSSI - Grégory Canal : «Emmanuel Grégoire devrait se mettre au travail avant de donner des leçons» Le tournant survient vers 12 h 30, avec la nasse déployée place de la République, qui a « incontestablement » fait déraper les choses. Lui-même se retrouve bloqué à l’extérieur, dans ce quartier où il habite, avant d’être, à l’en croire, « 40 fois nassé » au fil de la journée, au milieu des gaz lacrymogènes. Si les forces de l’ordre invoquent l’arrivée de premiers casseurs, la fermeture de la place aurait eu un effet pervers : des milliers de manifestants, « de bonne foi pour l’immense majorité », se sont retrouvés coincés entre Strasbourg-Saint-Denis, Arts-et-Métiers et l’avenue de la République. Précisément là où la casse s’est concentrée. Conséquence : les policiers ont dû gérer un secteur « éclaté », couvrant « quasiment un tiers de la surface de Paris ».
10.000 casseurs au total
Encore fallait-il qu’ils soient assez nombreux, face à quelque 10.000 casseurs au total. Or, selon Emmanuel Grégoire, la crainte pour « la sécurité et l’inviolabilité » de l’Élysée, de Matignon, du Sénat et de l’Assemblée nationale aurait conduit à « un rapatriement massif » des forces de l’est vers l’ouest, au détriment « réel » de certains quartiers. Autant de points qu’il entend soulever devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences du 17 octobre, devant laquelle il a demandé à être auditionné. » LIRE AUSSI - Casseurs-payeurs : après l’adoption d’un texte durci au Sénat, la longue course d’obstacles qui attend encore le projet de loi Depuis, les deux mobilisations suivantes se sont mieux déroulées, grâce à un dispositif renforcé. Mais celui-ci « ne pourra pas être maintenu pendant des mois », alerte le maire, qui appelle le gouvernement à « répondre aux revendications sociales » pour faire redescendre la pression. L’occasion, aussi, d’appeler le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, à se montrer « intransigeant », tant envers les casseurs qu’envers les violences commises par les forces de l’ordre.