Bus : face aux perturbations persistantes, les élus du Val-de-Marne réclament un audit - Les Echos

Par Alain Piffaretti
Retards, passages supprimés, temps d'attente à rallonge… Prendre le bus devient un exercice aléatoire pour de nombreux habitants du Val-de-Marne et du sud francilien. « Il arrive même que les bus soient affichés avec un temps d'attente anormalement long, puis arrivent ensuite plus rapidement sans que l'affichage ait été modifié », souligne Marc Pélissier, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut). « Nous avons de multiples remontées des administrés sur des dysfonctionnements. Et ces derniers se produisent à toute heure du jour, pas seulement aux heures de pointe », constate également Pierre Garzon, maire PC de Villejuif et spécialiste des questions de transports. C'est depuis la reprise du réseau par Keolis Grand-Paris-Seine-Orly, dans le cadre de la délégation de service public, DSP 47, que des témoignages de voyageurs mécontents se multiplient. Dès les premières semaines du changement d'exploitant, intervenu le 1er août dernuier, des problèmes de maintenance et des dysfonctionnements informatiques ont entraîné l'immobilisation de nombreux véhicules, en particulier au dépôt de Vitry-sur-Seine. En septembre, un mouvement social d'ampleur, lié notamment aux conditions de travail, a encore aggravé la situation. C'est dans ce contexte que plusieurs élus locaux ont décidé d'interpeller collectivement Valérie Pécresse, présidente d'Ile-de-France Mobilités. Dans un courrier adressé à l'autorité organisatrice des transports, les maires d'Arcueil, Cachan, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Orly, Villejuif et Vitry-sur-Seine, notamment, réclament un audit ciblé et indépendant de l'exploitation de la DSP 47.
Plan de rétablissement du service
Les élus souhaitent que l'audit porte sur l'ensemble des lignes afin d'identifier précisément les difficultés propres à chaque secteur. Ils demandent également la communication des données de réalisation de l'offre depuis le 1er août. En parallèle, ils réclament un plan de rétablissement du service, assorti d'engagements précis et d'un calendrier, ainsi qu'une réunion avec IDFM et Keolis. Ile-de-France Mobilités (IDFM), qui rappelle faire un suivi régulier de la situation, estime qu'une amélioration progressive de l'offre sur le réseau se met en place : le taux d'offre réalisée serait passé de 91,5 % en septembre à 93 % en octobre. L'autorité régulatrice annonce aussi qu'un renouvellement du parc est engagé. Le dépôt de Vitry a été converti à l'électrique et plus d'un tiers des bus électriques prévus ont été livrés et mis en circulation. Le dépôt d'Ivry, converti au gaz naturel pour véhicules (GNV), commence aussi à recevoir ses nouveaux véhicules. « Nous avons conscience des remontées d'usagers et allons les analyser pour évaluer finement la situation et identifier rapidement les éventuels axes d'amélioration de l'exploitation des lignes de bus du territoire », conclut IDFM.