Brem-sur-Mer mise sur l'eau de pluie pour réduire sa consommation d'eau potable - Les Echos

Par Olivia Bassi
Face à la pression croissante sur les ressources hydriques, les collectivités multiplient les initiatives pour réduire leur consommation d'eau potable. Si la réutilisation des eaux usées traitées (REUT) demeure embryonnaire en France - moins de 1 % des volumes étant aujourd'hui valorisés - les pouvoirs publics entendent accélérer le mouvement. Le Plan Eau du gouvernement vise ainsi à multiplier par dix les volumes réemployés d'ici à 2030 et à faire émerger 1.000 projets dès 2027. Parallèlement, la récupération des eaux de pluie gagne du terrain. Favorisée depuis 2023 par un cadre réglementaire assoupli, cette solution séduit les collectivités par sa simplicité de mise en oeuvre et son coût relativement limité. Parmi elles, Brem-sur-Mer, en Vendée, a décidé de passer à l'action. À la suite d'un audit réalisé par le syndicat Vendée Eau dans le cadre de l'opération départementale « Chaque goutte compte », cette commune littorale de 3.000 habitants, dont la population est multipliée par cinq en période estivale, a décidé d'investir pour récupérer l'eau des toitures des bâtiments communaux. Fin 2025, la commune a installé un ensemble de cuves enterrées d'une capacité de 30 m³, dimensionné pour être agrandi à terme. Représentant un investissement de 40.000 euros, financé à 80 % par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, l'équipement alimentera notamment la station de lavage des véhicules municipaux, le nettoyage du matériel et des conteneurs à déchets.
Un train de mesures d'économie
Il servira également de ressource de substitution pour l'arrosage des jeunes plants lorsque les prélèvements dans le puits communal seront limités en période de restriction. « Nous n'arrosons que les arbres de moins de trois ans », précise Mickaël Guérineau, adjoint aux espaces verts. Des compteurs complètent l'installation pour contrôler la consommation et inciter les agents municipaux à la sobriété. Au-delà de cette nouvelle ressource, la municipalité s'attaque aussi aux consommations d'eau potable suivant les préconisations de l'audit. Dans les bâtiments publics, les mesures d'économie se multiplient : pose de mousseurs et de boutons-poussoirs sur les robinets et les douches des vestiaires sportifs, de la salle des fêtes et de la cantine, réduction de moitié du débit des chasses d'eau et affichage de messages de sensibilisation à destination des usagers dans tous les bâtiments et équipements publics. Suivant ces préconisations de travaux, Vendée eau annonce un objectif de réduction de 25 % des consommations d'eau potable de la commune. Pour l'instant aucun bilan ne peut être tiré de l'expérience. Les résultats restent encore à mesurer. « Nous pourrons quantifier précisément les économies réalisées après une année complète de fonctionnement », indique Corinne Blanchard, maire de Brem-sur-Mer. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie de sobriété plus large engagée depuis plusieurs années. Brem-sur-Mer n'utilise plus d'eau pour le nettoyage de ses trottoirs, désormais entretenus par une association spécialisée dans le désherbage et le soufflage. Le terrain de football est synthétique, les jardinières ont été supprimées et les fleurs annuelles remplacées par des vivaces et des espèces spontanées, moins gourmandes en eau. Des choix qui n'ont pas compromis l'attractivité paysagère de la commune. Brem-sur-Mer conserve en effet ses deux fleurs au concours des Villes et Villages Fleuris, démontrant qu'économies d'eau et qualité du cadre de vie peuvent aller de pair.