Après un nouvel incendie sur une décharge à proximité de l'ancien hippodrome d'Evry, les élus dénoncent l'inaction de l'Etat - Les Echos

Par Alain Piffaretti
C'est l'incendie de trop pour les élus essonniens. Après le spectaculaire feu qui a ravagé, samedi 4 juillet, une partie de l'immense décharge sauvage installée à proximité de l'ancien hippodrome d'Evry, les réactions se multiplient contre l'Etat, propriétaire du terrain. Les élus dénoncent pêle-mêle un site laissé à l'abandon, des promesses de dépollution restées sans effet et une surdité face aux alertes répétées depuis plusieurs années. Il s'agit du troisième incendie à frapper le même secteur depuis 2018. 110 sapeurs-pompiers et une cinquantaine de véhicules ont été mobilisés pour venir à bout des flammes. Le feu a détruit près d'un hectare de déchets accumulés sur plusieurs mètres de hauteur. Pendant de longues heures, une épaisse fumée, chargée de particules issues de la combustion de matériaux divers, a survolé le territoire. Plusieurs axes routiers ont aussi été perturbés.
Agir avant un nouveau drame
Depuis des années, des milliers de tonnes de gravats, pneus, déchets de chantier et détritus de toutes sortes s'y accumulent, alimentant régulièrement des départs de feu. « J'ai signé une adresse au ministre de l'Intérieur pour hurler notre mécontentement face à son laxisme après le troisième, oui le troisième, incendie sur le terrain de Ris-Orangis », a indiqué sur les réseaux sociaux Stéphane Beaudet, maire d'Evry-Courcouronnes et président de Grand Paris Sud. « Malgré les procédures engagées l'an passé par les villes, malgré le soutien de la préfecture, le ministère de l'Intérieur, propriétaire du terrain a décidé pour des raisons budgétaires de ne pas faire nettoyer et dépolluer ce terrain, malgré les promesses », déplore-t-il. « J'ai alerté à de nombreuses reprises, il est temps d'agir avant qu'un nouveau drame ne survienne », alerte également François Durovray, président du conseil départemental de l'Essonne. Celui-ci rappelle que les collectivités supportent les conséquences de l'inaction, notamment à travers le coût des interventions de secours et les nuisances subies par les habitants. « J'appelle formellement le ministre de l'Intérieur à se saisir rapidement de cette situation et à trouver des solutions pour nettoyer le site. Il est inadmissible qu'un terrain appartenant à l'Etat se soit transformé en décharge à ciel ouvert sans que ce dernier ne prenne ses responsabilités », martèle, pour sa part, la maire de Ris-Orangis, Sonia Benameur. L'ancien maire de Ris-Orangis, Stéphane Raffalli, voit, lui, dans l'actuelle mobilisation unanime, la reconnaissance d'un combat qu'il déclare mener depuis plusieurs années. « Je me réjouis de l'unanimité des élus pour dénoncer ce scandale. Ces dernières années, j'étais malheureusement assez seul lorsque je dénonçais cette situation », estime-t-il. Au fil du temps les dépôts sauvages se sont multipliés jusqu'à former une véritable montagne de déchets sur le site. En 2018, le coût d'une dépollution complète avait été estimé à environ 4 millions d'euros. L'Etat avait alors annoncé une opération de nettoyage confiée à Grand Paris Aménagement. Mais, à ce jour, on ne note toujours pas de trace de travaux.