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Après les canicules, Emmanuel Grégoire promet d'accélérer l'adaptation de Paris

Les Échos · 29/09/2026 · ← revue

Par Laurent Thévenin

Emmanuel Grégoire promet d'ajuster le tir après les récents épisodes de canicule. Le maire socialiste de Paris a annoncé ce mardi « un renforcement » des mesures d'adaptation de la capitale face à la nouvelle donne climatique. « Le rythme de ces changements est trop long face à l'acuité de ces vagues de chaleur », a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse dans une école du centre de Paris récemment équipée de dispositifs de rafraîchissement. Alors que les écoles ont été particulièrement éprouvées par les canicules de mai et juin, au point que certaines avaient dû fermer, des travaux d'urgence ont été engagés cet été dans une « centaine » d'entre elles (sur 620). L'édile affiche désormais l'objectif qu'« à horizon 2027, il y ait une salle rafraîchie dans 100 % des crèches, des écoles et des collèges ».

Réseau de froid

« Nous privilégions des solutions vertueuses plutôt que la climatisation », a expliqué Emmanuel Grégoire, citant des boucles de géothermie, le réseau de froid Fraîcheur de Paris - qui ne concerne que deux écoles pour l'instant - ou le raccordement aux réseaux d'eau potable ou d'assainissement. « Nous visons le raccordement de 300 équipements à Fraîcheur de Paris d'ici à 2042 », a-t-il annoncé. Ce qui impliquera un investissement total « de l'ordre de 400 millions d'euros ». Le plan présenté par la municipalité prévoit aussi d'équiper plus de 360 établissements en protections solaires, plus de 130 avec des brasseurs d'air, ainsi que 245 cours oasis et 70 cours ombragées ou brumisées. La Ville de Paris a par ailleurs engagé un travail de sélection des écoles à rénover, qui tient compte de la baisse de la démographie scolaire et des caractéristiques bâtimentaires. « Il y a des écoles qui nous paraissent avoir toutes les qualités requises pour être adaptées au climat du XXIe siècle. Il y en a d'autres qui nous paraissent totalement disqualifiées d'emblée et nécessiteront probablement d'être détruites, reconstruites », a indiqué Emmanuel Grégoire. Ces annonces interviennent une dizaine de jours après que le groupe Nouveau Paris Populaire emmenée au Conseil de Paris par la députée Insoumise Sophia Chikirou a entamé un recours contre la Ville de Paris devant le tribunal administratif après l'avoir mise en demeure d'élaborer une programmation pluriannuelle de rénovation thermique et d'adaptation climatique des écoles.

Accélérer le « plan volets »

D'ici à la fin de la mandature, la Ville de Paris veut également accélérer son plan volets pour en équiper « tous les logements sociaux qui le nécessitent ». La Ville va aussi installer 100 nouveaux voiles d'ombrage dans l'espace public d'ici à l'été 2027 : « On attend un gain de ressenti de 10 à 15 degrés en moins », a précisé Emmanuel Grégoire. L'ouverture des baignades dans la Seine et les canaux sera par ailleurs avancée dès le mois de juin 2027. « Après vingt-cinq ans de pouvoir socialiste, le maire fait mine de découvrir l'urgence climatique. Alors que l'exécutif parisien justifie ses plus de 10 milliards de dettes par des dépenses en faveur de l'adaptation climatique, force est de constater que le compte n'y est pas. Les premières victimes de cette impréparation sont les publics vulnérables, comme nous avons pu le voir cet été dans les écoles ou encore les Ehpad », cingle Grégory Canal (divers droite), le coprésident de Paris Liberté !, le premier groupe d'opposition au Conseil de Paris.

Laurent Thévenin