André Forget, maire de Sainte-Livrade et rapatrié d'Indochine, a porté au Sénat la mémoire et les attentes du Cafi - ladepeche.fr

André Forget, maire de Sainte-Livrade et rapatrié d'Indochine, a porté au Sénat la mémoire et les attentes du Cafi André Forget, maire de Sainte-Livrade-sur-Lot, plaide pour la reconnaissance nationale des rapatriés d'Indochine, dont il est issu, dans le cadre d'une proposition de loi. Il défend la création d'un centre de mémoire au Moulin du Lot et un droit à réparation pour les familles, soulignant l'importance de préserver cette mémoire historique. Sollicité dans le cadre de l’examen d’une proposition de loi sur la reconnaissance et la réparation des préjudices subis par les rapatriés d’Indochine, André Forget, maire de Sainte-Livrade-sur-Lot et lui-même enfant du CAFI, défend une reconnaissance nationale de cette histoire. Il plaide également pour la concrétisation du Centre de mémoire et d’histoire du Moulin du Lot. L’histoire du CAFI pourrait franchir une nouvelle étape dans sa reconnaissance nationale. Dans un questionnaire adressé par la commission des affaires sociales du Sénat, André Forget a été invité à apporter son témoignage et celui de Sainte-Livrade-sur-Lot sur le passé du Centre d’Accueil des Français d’Indochine et sur les attentes des familles concernées. Le maire rappelle d’abord le poids de cette histoire. Au printemps 1956, 1 160 personnes, dont 740 enfants, arrivent à Sainte-Livrade après leur départ d’Indochine. Installées au Moulin du Lot, elles vivent pendant des décennies dans un quartier relativement isolé du reste de la commune. Aujourd’hui, André Forget veut faire de ce passé un véritable outil de transmission. La municipalité porte ainsi la création d’un Centre de mémoire et d’histoire du CAFI, installé dans les trois dernières "barres" inscrites au titre des Monuments historiques. Le projet est encore au stade des études et de la programmation. Un comité scientifique réunissant historiens, chercheurs, archivistes et spécialistes du patrimoine doit notamment être constitué avant la fin de l'année 2026.
"Reconnaissance et réparation"
Mais l'intervention du maire dépasse le seul projet muséal. Dans ses réponses, André Forget se prononce en faveur du principe d’un droit à réparation pour les personnes concernées. Il souhaite que le CAFI figure parmi les structures ouvrant droit au dispositif prévu par la proposition de loi. Il rappelle les conditions de vie qui ont marqué le site : logements précaires, isolement, équipements insuffisants et difficultés d’intégration. Le maire défend également le maintien de la période allant du 22 juillet 1954 au 31 décembre 1975 pour déterminer les séjours pris en compte, plutôt qu'une réduction de cette période au 1er janvier 1966. Selon les réponses transmises, les difficultés rencontrées par les familles ne se sont pas interrompues au milieu des années 1960. Pour André Forget, deux mots résument donc l’enjeu : "reconnaissance et réparation". Le document indique enfin qu’il souhaite que le Sénat adopte sans modification le texte voté par l’Assemblée nationale, mettant en avant l’attente des familles et l’âge des personnes directement concernées. À Sainte-Livrade, cette démarche nationale fait ainsi écho à près de soixante-dix ans d’histoire locale : celle de familles déracinées qui ont progressivement fait du Moulin du Lot une terre d’ancrage et dont la mémoire constitue désormais une part importante de l’histoire de la commune.