A Alfortville, la commune renouvelle sa géothermie pour atteindre 90 % d'énergies renouvelables

Par Audrey Guettier
La géothermie, or vert du Val-de-Marne ? A Alfortville, la municipalité a inauguré ce jeudi un nouveau triplet (installation composée de trois puits) de géothermie. Cette énergie renouvelable est très présente en Ile-de-France et le Val-de-Marne fait partie des précurseurs depuis les années 1970. Captée dans les nappes souterraines à très haute température du Dogger - une ancienne eau de mer datant de l'ère du Jurassique très présente dans la région -, la chaleur est ensuite distribuée dans le réseau de chauffage urbain avant d'être réinjectée dans les profondeurs. Installé depuis les années 1980 à Alfortville, l'ancien réseau « arrivait en fin de vie », explique Jean-Christophe Tissier, directeur des projets de géothermie de la commune. La mairie a investi 22 millions d'euros dans un triplet pour renouveler ses installations et limiter le recours aux énergies fossiles. Un chantier porté par le groupe Coriance et soutenu par l'Etat via l'agence de la transition écologique (Ademe) à hauteur de 7,3 millions d'euros et de 2,6 millions d'euros par la région Ile-de-France. Ce nouveau forage permettra de capter la chaleur à près de 2.000 mètres de profondeurs, où l'eau se trouve à environ 70 °C. Le but est de maintenir un taux de 90 % d'énergies renouvelables dans le mix énergétique du réseau. L'ancienne installation permettait d'atteindre le seuil de 80 % « le reste étant fourni par la chaufferie d'appoint au gaz ». Ainsi que « d'éviter environ 9.000 tonnes de CO2 par an », précise Jean-Christophe Tissier.
Un choix gagnant
Dans le milieu des années 1980, de nombreuses communes du Val-de-Marne, dont Alfortville, ont misé sur la géothermie. « Ce choix s'est avéré gagnant puisqu'il permettait de délivrer chez les abonnés un prix de la chaleur compétitif et stable », constate Jean-Christophe Tissier. Une manière aussi de limiter les émissions de CO2 sur un territoire très dense et urbanisé. Désormais, le réseau de chaleur d'Alfortville est raccordé à environ 6.300 équivalents logements, « soit environ 500 équivalents logements en plus depuis 2019 », ajoute le directeur de la géothermie. Avec deux puits de production, la commune dispose par conséquent d'une plus grande capacité de production en énergie renouvelable. Si un développement sur les communes avoisinantes n'est pas envisagé pour l'instant, la commune souhaite raccorder davantage les logements des habitants d'Alfortville.