Vive émotion en Bretagne après le naufrage d'un chalutier

Le soulagement de savoir les deux marins retrouvés n'efface pas la douleur. Une semaine après le naufrage du Maranello, les corps des deux pêcheurs restés portés disparus ont été remontés samedi 5 septembre par les plongeurs de la Marine nationale. « Ils sont rendus à leurs familles. Elles vont désormais pouvoir faire leur deuil et leur dire au revoir », a réagi Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne. Il adresse ses pensées aux proches, aux trois marins rescapés, à l'armement et à « toute la communauté de la pêche du Nord Bretagne », tout en remerciant les sauveteurs mobilisés. Le président de région rappelle également la disparition, quelques mois plus tôt, d'Erwann Gleveau, patron ligneur d'Audierne (Finistère). « En quelques mois, la pêche bretonne a payé un lourd tribut à la mer », souligne-t-il, rappelant la dangerosité d'un métier dont les risques sont parfois oubliés.
Une profession à nouveau endeuillée
Le Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Bretagne évoque, lui aussi, « une nouvelle épreuve et une profonde souffrance » pour une profession et un territoire déjà durement touchés. Le Maranello, chalutier de l'armement Eouzan-Travadon immatriculé à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d'Armor, avait sombré samedi 29 août en fin de journée au large de Plymouth, au Royaume-Uni. Trois des cinq membres d'équipage avaient pu être secourus par un autre chalutier breton, le Stradale, et ramenés à terre. Le commandant et le maître d'équipage étaient, eux, restés portés disparus malgré les recherches engagées immédiatement. Les autorités britanniques avaient déployé d'importants moyens sur zone, rejoints par plusieurs navires de pêche français et un bâtiment de la Marine nationale. Un chasseur de mines avait ensuite été mobilisé pour localiser l'épave, retrouvée à environ 72 mètres de profondeur. Les mauvaises conditions météorologiques avaient retardé l'intervention des plongeurs. La récupération des corps ouvre désormais une nouvelle phase judiciaire. L'enquête est confiée à la section de recherches de lagendarmerie maritime de Brest. Selon le parquet de Saint-Brieuc, elle « bascule » désormais en enquête visant à rechercher les causes de la mort.