« Une campagne calomnieuse » : après une plainte du Canon français, ces deux députées bretonnes convoquées au tribunal
Les banquets du Canon français n’ont pas fini de faire parler d’eux. En novembre 2025, la société d’évènementiel avait organisé l’une de ses ripailles polémiques, dont la star est un cochon grillé, sur la commune de Goven, en Ille-et-Vilaine. À l’époque, treize élus de gauche du département avaient signé une tribune, appelant la préfecture à interdire le rassemblement. « Cette organisation appartient désormais au milliardaire d’extrême droite Pierre Édouard Sterin, y lisait-on. Celui-ci instrumentalise ces événements à des fins de propagande pour faire la promotion de l’idéologie d’extrême droite. »
Une idéologie « qui tue », selon LFI
Parmi les signataires : Marie Mesmeur et Mathilde Hignet, les deux députées LFI d’Ille-et-Vilaine. Ces dernières sont convoquées ce jeudi 3 septembre 2026 devant le tribunal de Tours, annonce leur groupe parlementaire dans un communiqué de presse. Suite à la plainte déposée par les fondateurs du Canon français, elles doivent répondre de diffamation pour les propos tenus à l’époque. « Plusieurs articles ont documenté la présence de militants néonazis et la tenue de propos racistes dans ces banquets, voire à l’extérieur, comme ce fut le cas dans le centre-ville de Caen, en avril dernier », assène le communiqué. « Marie Mesmeur et Mathilde Hignet n’ont fait que leur devoir d’élues de la République : alerter et lutter contre une idéologie qui porte une conception ethnique de la nation, qui nie l’État de droit et qui tue ».
Une « campagne calomnieuse », s’indigne le Canon français
Contacté, Pierre-Alexandre de Boisse, l’un des cofondateurs du Canon français dénonce à nouveau des « propos mensongers [qui] portent atteinte à l’honneur et à la considération de notre société ». Le trentenaire s’estime victime d’une « campagne calomnieuse où elles se sont permis de nous prendre personnellement à partie, notamment en dénigrant nos noms et notre origine sociale. » Avec son associé Géraud de la Tour, ils se sont toujours défendus de toute accointance avec l’extrême droite, assurant que leurs banquets ne font que « célébrer la gastronomie française ». Parmi les treize signataires de la tribune, seules les deux parlementaires LFI sont poursuivies. La preuve, comme le dit leur mouvement, que « La France Insoumise est la principale cible de l’extrême droite dans le contexte d’élections présidentielles à venir » ? Non, rétorque Pierre-Alexandre de Boisse. « Ce sont les seules à avoir publié ces propos sur leurs réseaux sociaux. » L’audience est prévue jeudi après-midi. Un rassemblement de soutien est prévu devant le tribunal en fin de journée.