Un Morbihannais impliqué dans un vaste trafic de drogue en Bretagne condamné à cinq ans de prison
C’est depuis une maison de Limerzel (56) que des stupéfiants étaient distribués dans toute la Bretagne. À l’intérieur, les produits étaient stockés, pesés et conditionnés dans des sachets étiquetés selon leur destination. Un trafic découvert presque par hasard, le 30 septembre 2026, lors d’un simple contrôle routier. Ce jour-là, les gendarmes arrêtent une voiture pour excès de vitesse, à Ploeren, près de Vannes. Au volant, une jeune femme de 20 ans. Une forte odeur de cannabis se dégage du véhicule. Sur la banquette arrière, les militaires découvrent un sac contenant 675 g de résine, déjà conditionnés dans des sachets. Ils saisissent également 370 € en liquide. La conductrice reconnaît effectuer des livraisons depuis le mois d’août.
« Tout ce que je voulais, c’était de l’argent », a-t-elle expliqué, ce vendredi 6 novembre, devant le tribunal judiciaire de Vannes. Les commandes et les itinéraires lui étaient transmis sur Signal. « On envoie la liste des adresses et après, on envoie le trajet aussi. » Ses tournées la conduisaient dans les quatre départements bretons, de Lorient à Brest, en passant par Rennes mais aussi dans de petites communes comme Motreff (56) ou Pleubian (22).
Près de 10 kg de drogue et 4 450 € en liquide
Les déclarations de la jeune femme permettent aux enquêteurs de remonter jusqu’au domicile de Sylvain Guyot, 45 ans, à Limerzel. Lors de la perquisition, les gendarmes découvrent près de 9 kg de résine de cannabis, 86 g d’herbe, 148 g de cocaïne et 338 g d’héroïne. Mais aussi 4 450 € en espèces.
Dans le box des prévenus, le quadragénaire a reconnu avoir stocké les produits et préparé les commandes depuis avril 2026. Les instructions lui arrivaient sur Snapchat. La drogue était livrée à son domicile, où il se chargeait de la répartir dans différents sachets. Pour le procureur, le domicile était devenu « une base logistique ». Les gendarmes y ont notamment découvert des balances, du matériel de conditionnement et plusieurs caméras. Une organisation qui dépassait, selon le magistrat, le simple rôle de « nourrice », chargée de garder la marchandise.
Cinq ans de prison au total
Sylvain Guyot est déjà bien connu de la justice : son casier compte 21 condamnations, dont plusieurs pour des affaires de stupéfiants. Il explique avoir replongé dans la consommation de drogue en février 2026, à la suite du décès de sa mère, avant de rejoindre le trafic pour financer son addiction. Le tout alors qu’il bénéficiait encore d’un sursis probatoire.
Pour sa défense, son avocat évoque « un simple exécutant », qui recevait les instructions de commanditaires absents de l’audience.
Le tribunal condamne Sylvain Guyot à quatre ans de prison, auxquels s’ajoute la révocation d’un an de sursis probatoire prononcé lors d’une précédente condamnation, en juillet 2025. Soit cinq ans d’emprisonnement au total. Il est relaxé pour les faits d’usage de stupéfiants qui lui étaient reprochés sur une période antérieure, faute d’éléments au dossier.
La jeune femme, jusqu’alors inconnue de la justice, écope de douze mois de prison entièrement assortis du sursis et d’une interdiction de présence dans le Morbihan pendant cinq ans.