Revue de presse

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« Un comportement manipulateur et malsain » : visé par des accusations de viol, l’étudiant de Rennes 2 réintégré par la justice

Le Télégramme · 27/10/2026 · ← revue

Un « comportement manipulateur et malsain » : c’est ce dont est accusé un étudiant en de Rennes 2. En mai 2026, suite à la réception de trois signalements, l’université avait pris la décision de l’exclure définitivement et de l’interdire de s’inscrire dans « toute université en France ». L’homme a par ailleurs été mis en examen en mars 2026 pour des faits de viol, d’agression sexuelle et de harcèlement sexuel, pour lesquels il reste présumé innocent.

Des impacts sur la santé mentale des plaignantes

Le 21 août, le mis en cause avait demandé au tribunal administratif de suspendre son exclusion, qui l’empêche de poursuivre ses études. « Les faits reprochés relèvent en toute hypothèse de la sphère privée et ne revêtent pas le caractère de faute disciplinaire présentant un lien suffisant avec l’établissement pour justifier l’infliction d’une sanction », avait remarqué l’avocate de l’étudiant, Me Le Rouge de Guerdavid. Et de critiquer une décision « disproportionnée ».

Des arguments alors battus en brèche par l’avocate de l’université, Me Valérie Pagès. « Les faits relatés par les trois étudiantes se corroborent et dénoncent un comportement insistant et intimidant, visant à obtenir des relations intimes non consenties pour deux d’entre elles », avait-elle détaillé. Maintenir cette exclusion définitive présentait donc un « intérêt public », aussi bien pour la santé mentale des trois plaignantes que pour le futur : le jeune homme a pour projet professionnel d’être enseignant, relevait-elle. « Il ne détient aucun droit à la continuité de son parcours universitaire qu’il a lui-même entravé par son comportement. »

Admis en Master 1

Dans une ordonnance qui vient d’être rendue publique, la juge des référés du tribunal administratif de Rennes a tranché en faveur de l’étudiant. « Si le comportement à l’égard des trois autrices des signalements a pu significativement les affecter et (…) troubler dans une certaine mesure le bon fonctionnement de l’université, les nombreux échanges qu’il produit avec les intéressées nuancent voire contredisent les accusations qu’elles portent. »

Ils révèlent « davantage des relations intimes ambiguës et dysfonctionnelles que des faits de violence sexuelle et d’agression qu’elles ont dénoncés », considère la magistrate rennaise. L’exclusion de l’intéressé est donc suspendue jusqu’au réexamen de l’affaire sur le fond, d’ici deux ans environ. À ses yeux, le maintien de la sanction aurait conduit à l’exclure de « n’importe quel établissement d’enseignement supérieur » alors que le jeune homme a été admis en master 1 depuis le mois dernier.