Transport scolaire en Bretagne : pourquoi des élèves se retrouvent sans solution chaque année
Chaque année, à la rentrée, le transport scolaire en zone rurale provoque des mécontentements chez les parents d’élèves qui critiquent l’absence d’arrêt de car près de chez eux. Le conseil régional, qui gère le service, s’explique. Chaque année, en septembre, les témoignages affluent. Ici, un arrêt de car supprimé à la rentrée. Là, un refus de modifier l’itinéraire du ramassage pour récupérer les élèves au plus près de chez eux. C’est le cas, par exemple, d’un habitant de la commune de Pluneret (56) dont les jumeaux vont faire leur rentrée au lycée d’Auray ce mardi 1er septembre. Son « appel à l’aide », diffusé sur les réseaux, a été vu plus de 600 000 fois. Une énième pierre dans le jardin du conseil régional, qui a la responsabilité du transport scolaire hors des zones urbaines. Pourquoi une telle situation se reproduit-elle ? Réponse donnée par le président de la collectivité, Loïg Chesnais-Girard, en marge de sa traditionnelle conférence de presse de rentrée. « Travailler sur l’optimisation du réseau pour limiter le déplacement des familles, c’est une science, pointe l’élu. Malheureusement, nous ne pourrons jamais aller chercher tous les élèves chez eux. » Please close pop-out player to resume playback. video playing Pluneret (Morbihan) : sans transport scolaire pour la rentrée, ce père de famille lance un appel à l'aide
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Tous les jours, plus de 100 000 jeunes bretons, essentiellement des collégiens et des lycéens, vont à l’école, à bord de quelque 2 000 cars. Il existe environ 25 000 arrêts dans les zones rurales. Les familles souhaitant la création d’un point de ramassage près de chez elles doivent en faire la demande avant le 31 mai. Un délai supplémentaire est accordé jusqu’au 31 août pour une mise en place après les vacances de la Toussaint. Pour autant, le service n’est pas automatique. Pour en bénéficier, les familles doivent vivre à plus de trois kilomètres de l’établissement et ne pas disposer d’une halte à moins de 500 m. La Région prend ensuite en compte plusieurs critères pour concevoir ses itinéraires, en fonction des dossiers qui lui parviennent à chaque rentrée. Nombre d’inscrits au service, volume de haltes existantes et d’établissements à desservir… Avec un objectif : les élèves ne doivent pas passer plus de 45 minutes dans le car. Ce qui limite donc la possibilité de faire des détours. Résultat : sur 2 000 demandes déposées chaque année, seulement un tiers est accepté. « Je comprends que cela puisse crisper dans certains endroits », soutient Loïg Chesnais-Girard. « Mais aller chercher tout le monde à son domicile, c’est un coût qui n’est pas supportable pour la collectivité. » L’élu souligne que seul 10 % du prix réel du transport de l’élève est payé par les familles (140 € l’abonnement annuel pour les deux premiers enfants). Le reste étant pris en charge par le contribuable.
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Les difficultés de recrutement des chauffeurs de car n’y sont pas pour rien dans cette équation aux allures de casse-tête. Après la crise sanitaire, en 2022, une pénurie avait même pénalisé le service, forçant la Région à lancer un vaste appel aux recrutements. La collectivité avait dû mettre sur pied un plan d’urgence de 10 millions. Notamment pour financer une prime de 150 €, destinée à compenser la faiblesse des salaires dans le secteur. Sur ce front, cependant, les tensions se sont apaisées, selon le président. « Même si les transporteurs sont toujours à la recherche de candidats. »