Revue de presse

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Tour Voile. Lola Billy à bord de Région Bretagne CMB Espoir

voilesetvoiliers.ouest-france.fr · 07/07/2026 · ← revue

Lola Billy : « Cette étape a été marquée par des conditions très légères, où chaque risée comptait. Dans cette météo de molle, il fallait constamment chercher le moindre souffle d'air tout en composant avec les effets du courant. Comme nous avons traversé plusieurs marées et renverses, la stratégie a énormément évolué au fil de la course. À certains moments, il fallait absolument se protéger du courant en naviguant au plus près des cailloux, à la recherche du moindre recoin où il était moins fort. À d'autres, au contraire, le courant devenait un véritable allié et l'objectif était d'aller chercher son maximum pour gagner de précieux mètres. Un premier tournant s'est joué juste après Batz. Nous avons réussi à nous échapper avant que le courant ne s'inverse. Dès le renversement, nous avons été les premiers à venir nous abriter près de la côte. Ce choix nous a permis de conserver davantage de vent et donc une meilleure vitesse que nos concurrents, qui sont venus se protéger plus tard et se sont retrouvés dans une zone moins ventilée. Un autre moment clé est arrivé au niveau de Perros-Guirec. Nous avons tenté un passage très engagé, au ras des cailloux, à l'intérieur des roches. Ce pari nous a permis de prendre les commandes de la course. La Réunion a ensuite réussi à creuser l'écart. Une part de cette avance s'explique par les aléas propres aux conditions de petit temps : ils ont bénéficié de quelques risées que nous n'avons jamais touchées. Dans la baie de Lannion, leur position un peu plus au large leur a probablement permis d'attraper le nouveau courant avant nous, ce qui a renforcé leur avance. La tension reste permanente, car dans ces conditions, la moindre erreur se paie immédiatement. Les étapes de molle restent très particulières. En solitaire, elles sont extrêmement éprouvantes nerveusement, car il faut rester en permanence concentré sur les réglages et exploiter le moindre filet d'air, sans jamais vraiment pouvoir se reposer. En équipage, les rotations changent complètement la donne. Chacun peut récupérer pendant son temps de repos en sachant que le bateau continue d'être mené à 100 %. Cela permet d'être pleinement concentré pendant son quart. Malgré tout, la tension reste permanente, car dans ces conditions, la moindre erreur se paie immédiatement : les écarts se jouent à un ou deux nœuds et nous n'avons jamais dépassé les huit nœuds de vitesse sur l'ensemble de l'étape. À l'arrivée, le sentiment est partagé. Nous sommes satisfaits de notre navigation et des choix stratégiques réalisés, même s'il reste une frustration : nous aurions aimé pouvoir rester au contact de La Réunion jusqu'au bout, au lieu de les voir progressivement s'échapper sans réussir à revenir. Le bilan reste néanmoins très positif. Kiloutou, notre principal adversaire au classement général, termine quatrième. Nous reprenons ainsi six points supplémentaires d'avance, ce qui renforce notre position en tête. Place désormais à la suite du programme : deux journées d'entraînement à Camaret. Aujourd'hui, je reste à terre pour récupérer après l'étape offshore de la veille. L'équipage poursuit les navigations pendant que je profite d'une journée de repos bien méritée. »