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Télécoms : pour la PME de Lannion Ekinops, la croissance à tout prix

Les Échos · 17/09/2026 · ← revue

Ekinops accepte de payer le prix de sa relance. Au premier semestre, le groupe spécialisé dans les réseaux optiques et la connectivité, basé à Lannion dans les Côtes-d'Armor, a vu ses charges opérationnelles progresser de 18 %, à 33,8 millions d'euros, sous l'effet notamment de ses dépenses de recherche et développement et de son effort commercial. Une stratégie qui se traduit directement dans les comptes : l'EBITDA recule à 5,9 millions d'euros, contre 7,5 millions un an plus tôt, ramenant sa marge de 13,1 % à 10,1 %. Le résultat net passe dans le rouge, à -2,8 millions d'euros.

Cap sur la cybersécurité et les data centers

Cette dégradation intervient alors que l'activité progresse légèrement. Le chiffre d'affaires atteint 58,2 millions d'euros sur les six premiers mois de l'année, soit 2 % de plus qu'au premier semestre 2025. La croissance est toutefois négative à périmètre et taux de change constants. Les réseaux optiques avancent de 3 %, portés notamment par l'Amérique du Nord, tandis que la connectivité et les réseaux SASE, qui permettent notamment de sécuriser les accès aux réseaux d'une entreprise, progressent de 1 %. Les logiciels et services représentent désormais 21 % des ventes, contre 20 % un an auparavant. Le groupe entend concentrer une partie de cet effort sur deux relais de développement : la cybersécurité et l'interconnexion des datacenters. Dans le cadre de son plan stratégique « Bridge », Ekinops prépare une nouvelle plateforme dédiée aux échanges de données entre centres informatiques. Son premier transpondeur doit être commercialisé d'ici à la fin de l'année. Une première solution SASE souveraine est également attendue à cette échéance.

Croissance à un chiffre

Cette montée en puissance se traduit aussi dans les effectifs. Ekinops comptait 600 salariés au 30 juin, contre 577 fin 2025, et prévoit 35 recrutements supplémentaires au second semestre. Malgré l'effort engagé, sa situation financière reste maîtrisée, avec 23 millions d'euros de trésorerie disponible pour 22,5 millions de dettes financières. Le groupe maintient ainsi son objectif d'une croissance de son activité à un chiffre en 2026. Il compte notamment sur l'Amérique du Nord, les premiers déploiements du contrat de dix ans signé avec Proximus et l'arrivée de ses nouvelles offres DCI et SASE.

Stéphanie Bescond