« Si Édouard Geffray trouve les 3 000 enseignants remplaçants au pied levé, c’est qu’il est magicien ! » : la réaction des profs bretons face au plan d’urgence
Pour répondre à la colère des lycéens, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé, jeudi soir, que 3 024 professeurs remplaçants allaient être déployés d’urgence « dans les lycées où la situation l’exige ». Édouard Geffray a précisé, vendredi, qu’il s’agissait des titulaires sur zone de remplacement (TZR), « des gens qui ont passé les concours » et qui ne sont « pas encore affectés » devant des élèves.
Si l’on ignore le chiffre pour la Bretagne, ces TZR, qui interviennent à la fois sur les collèges, les lycées généraux et les lycées professionnels, devraient être bien difficiles à trouver. « Plus de 90 % des 1 000 personnes concernées étaient déjà en poste à la rentrée, ce qui laisse très peu de possibilités, assure le secrétaire académique du Snes-FSU (principal syndicat des enseignants du secondaire), Matthieu Mahéo. Les 82 profils restants ne suffisent déjà pas assurer les remplacements ponctuels dans toute l’Académie. Alors imaginer qu’ils soient disponibles au pied levé, au bon endroit et dans la bonne matière, paraît improbable. Pour nous, il s’agit juste un effet d’annonce. Ou bien le ministre va se transformer en magicien ».
Aucun nouveau recrutement signalé
Ce lundi, aucun des TZR bretons sans affectation n’avait signalé au syndicat avoir été approché depuis vendredi. « Nous leur avons rappelé leurs droits à refuser une affectation à l’autre bout de l’académie ou sur des matières qui ne sont pas les leurs. Comme un prof de maths à qui on proposerait des heures de français. Ça s’est déjà vu ailleurs qu’en Bretagne ! », souligne le délégué morbihannais, Fabrice Rabat.
Et si les contractuels, beaucoup moins sollicités depuis la rentrée, étaient la dernière variable d’ajustement ? « Nous veillerons, si c’est le cas, à ce que les plus anciens, proches de la CDIsation, soient les premiers sollicités », dit le syndicat.
Également évoquées dans le plan d’urgence ministérielle, les heures supplémentaires ne trouvent pas meilleur écho. « L’académie de Rennes fait, de toute façon, partie de celles qui en consomment le moins, termine Matthieu Mahéo. Les collègues refusent massivement de travailler plus pour gagner plus ».