Revue de presse

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Sécheresse : les Côtes-d'Armor craignent des ruptures en eau potable dès novembre

Les Échos · 20/10/2026 · ← revue

L'alerte monte d'un cran dans les Côtes-d'Armor. Placé en crise sécheresse depuis le 14 août, le département redoute désormais des ruptures d'alimentation en eau potable dès novembre. Faute de précipitations significatives, les cours d'eau et les nappes souterraines affichent leurs niveaux les plus bas jamais observés à cette période de l'année. Les ressources locales s'amenuisent dangereusement. Les quatre barrages qui alimentent le département assurent 60 % de la production d'eau potable. Sans pluies importantes, leurs réserves pourraient atteindre un seuil critique d'ici trois à neuf semaines, selon les ouvrages. « Il est nécessaire de ne pas atteindre ce stade », prévient la préfecture, qui veut préserver les volumes indispensables au fonctionnement des réseaux. Les pluies de septembre n'ont pas changé la donne. Elles ont légèrement relevé les cours d'eau, mais restent trop faibles et dispersées pourreconstituer les réserves. Les dispositifs de transfert entre secteurs et la réalimentation de certains barrages par des plans d'eau voisins montrent aussi leurs limites. L'approvisionnement des habitants devient difficile, reconnaît l'Etat.

Les restrictions vont se durcir

Face à l'urgence, le préfet a réuni jeudi un comité de gestion de l'eau, qui se tiendra désormais chaque semaine. À l'ordre du jour : état des réserves, évolution des précipitations et nouvelles mesures d'économie. Sans amélioration rapide, un tour de vis supplémentaire paraît inévitable. La fermeture de piscines publiques est notamment envisagée, tout comme la suppression des dérogations accordées aux stations de lavage automobile et aux professionnels intervenant sur les façades. Les industriels subissent déjà d'importantes restrictions. Leur renforcement pourrait désormais peser sur l'emploi et perturber la disponibilité de certains biens et services.

Les ménages en première ligne

L'Etat mise aussi sur les économies des ménages, qui représentent 50 % de l'eau distribuée. La préfecture appelle chacun à « réduire significativement » ses usages quotidiens pour éviter des coupures. Les bains doivent notamment céder la place à des douches courtes et les machines à laver ne fonctionner qu'à pleine charge. Certaines pratiques restent interdites : l'arrosage des jardins, le remplissage des piscines privées et publiques ainsi que le lavage des véhicules à domicile. À l'approche de la Toussaint, le nettoyage des tombes à l'eau demeure également prohibé, sauf recours à de l'eau recyclée ou de pluie.

Stéphanie Bescond