Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeAbonné (cookies session)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

Sécheresse : bilan catastrophique pour les agriculteurs du Morbihan

Les Échos · 10/09/2026 · ← revue

Dans le Morbihan, les conséquences de la canicule pour le monde agricole sont aussi graves qu'attendu. Cinq épisodes de chaleur extrême et l'absence de précipitations - le déficit hydrique avoisine les 50 % depuis le printemps - n'ont épargné aucune culture. Selon les chiffres avancés par la préfecture, les rendements des pommes, pommes de terre, pois, haricots, épinards et autres fruits et légumes ont dévissé de 40 % à 70 % selon les zones et les cultures. Les éleveurs ont perdu quelque 1.500 tonnes d'animaux et la production de lait a chuté de 8 %.

Effet domino

Plus inquiétant encore, l'alimentation du bétail a subi de lourdes pertes : les producteurs de maïs ont été privés de 20 % à 80 % de leur récolte. La production de fourrage, elle, est à l'arrêt depuis trois mois. De quoi laisser présager d'un hiver, et pis, d'un automne, très compliqués. Les prix de l'alimentation animale vont flamber. « La crise est d'une ampleur inégalée », constate Thierry Chatelain, directeur de la DDTM, chargé de décliner au niveau local le plan de soutien national (plus d'un milliard d'euros) annoncé la semaine dernière par la ministre de l'Agriculture Annie Genevard.

Indemnisations

Face à la gravité de la situation, l'Etat veut aller vite. Les premières indemnisations devraient être versées début octobre aux agriculteurs, notamment les producteurs de maïs. Le cas des autres filières va être tranché rapidement. « L'objectif est d'éviter les faillites », a insisté Michaël Galy, préfet du Morbihan, qui discutera de la répartition des indemnisations avec l'ensemble des professionnels du monde agricole. La crise est loin d'être achevée. Les quelques pluies de la fin août sont bien insuffisantes pour recharger les réserves. Des conflits d'usage, liés aux besoins de la population, mais aussi à ceux des industriels, risquent fort de se faire jour et de relancer les débats sur le stockage de l'eau. Mi-août, dans un communiqué, la FDSEA du Morbihan était d'ailleurs remontée au créneau pour défendre la création de réserves afin de sécuriser les besoins des exploitants.

Guillaume Roussange (Correspondant à Rennes)