« Sa voix porte » : une algocultrice du Finistère poursuivie en diffamation par la Compagnie des pêches de Saint-Malo
Les pêches françaises souffrent assez, il n’y a pas besoin de se bagarrer entre nous, estime la prévenue à la barre du tribunal judiciaire de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), ce jeudi 5 novembre 2026. Alors que la salle est comble, cette algocultrice de 71 ans fait face à la présidente qui la décrit comme une voix reconnue dans le secteur maritime.
Tout a commencé après la diffusion d’une vidéo partagée sur Facebook par une tierce personne, dans laquelle la prévenue s’exprime lors d’une table ronde. Il lui est reproché des propos pouvant porter atteinte à la réputation de la Compagnie des pêches de Saint-Malo, notamment la destruction de bateaux pour exploiter le plus gros navire de pêche industriel français qui peut pêcher 400 tonnes de poisson par jour, détruit de la mer et fait de la surpêche. Cela, pour produire du surimi qui empoisonne les gens.
Ce n’était pas mon intention de nuire à qui que ce soit, assure l’algocultrice qui n’a jamais été mise au courant que cette vidéo serait diffusée.
« Un débat d’intérêt général »
Pour l’avocate de la partie civile, la véracité des propos n’est pas établie dans cette vidéo qui a été visionnée 130 000 fois avant d’être supprimée. Il n’y a aucun conditionnel utilisé, pointe l’avocate. Même si elle n’est pas journaliste, sa voix porte. Elle aurait dû, a minima, se reposer sur une enquête sérieuse.
De son côté, la défense souligne que les propos, extraits d’une conversation de plus d’une heure, ont été republiés sur une page Facebook par un tiers sans l’accord de sa cliente, avec une légende qui interprète et incrimine. En revanche, la prévenue ne nomme jamais le nom du bateau ni la Compagnie qui s’est sentie visée et a extrapolé. Elle précise que ce chalutier pélagique existe bel et bien.
Elle termine sa plaidoirie en soulignant que sa cliente soulève une réflexion légitime sur un sujet qui mérite un débat d’intérêt général sur la pêche industrielle et artisanale. C’est une femme qui parle de l’avenir de la pêche française et de la préservation des ressources halieutiques.
La décision sera rendue le 10 décembre 2026.