Revue de presse

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Réunion publique le 3 septembre pour libérer la parole des habitants après l'incendie de Saint-Just

actu.fr · 01/09/2026 · ← revue

« Nous invitons les habitants à une réunion publique le jeudi 3 septembre à 20 h à la salle de Cojoux », annonce Nicolas Debray, maire de Saint-Just. La commune a été victime d’un terrible incendie qui a brûlé 230 ha de landes et d’espaces naturels, ainsi que les trois quarts du site mégalithique, les 12, 13 et 14 août 2026. « L’objectif est que chacun puisse s’exprimer, évoquer son vécu, son traumatisme et son expérience. » L’été caniculaire et la sécheresse ont été rythmés par une multitude d’incendies en France. Le Pays de Redon n’a pas été épargné avec de multiples départs de feu, qui, heureusement, n’ont pas fait de victimes. L’incendie qui s’est déclaré le mercredi 12 juillet en début d’après-midi à Saint-Just restera certainement dans les mémoires par son ampleur. Même si les maisons et entreprises ont été épargnées et qu’aucune victime n’est à déplorer.

Une branche d’arbre sur une ligne électrique

La cause ? « Une branche d’arbre est tombée sur une ligne électrique, destinée à être déposée dans les prochains mois, remplacée par une ligne souterraine qui est déjà en place », explique Nicolas Debray, qui a assuré trois jours et trois nuits de mobilisation pour « faire de la coordination entre les services de la préfecture, de la gendarmerie et des sapeurs-pompiers » dont les effectifs sont montés à 250 personnels. « J’ai été alerté par un adjoint, prévenu par des gens qui travaillaient sur place. Quand le feu est passé d’un bosquet au massif boisé en continu, c’était la catastrophe. »

Stratégie payante des sapeurs-pompiers

« Le pire a été évité et une dizaine de maisons ont pu être sauvées, dans le sud du bourg, ainsi que le château du Val, grâce aux interventions de l’avion Dash, mercredi et jeudi et des sapeurs-pompiers », salue Nicolas Debray, reconnaissant de la « stratégie des soldats du feu qui a été payante : ils ont arrosé massivement certains secteurs, notamment avec un hélicoptère sur place mercredi, jeudi et vendredi, qui a puisé de l’eau à l’étang et à la carrière à côté du four Michel ». Pour cela, les 250 sapeurs-pompiers ont bénéficié de l’appui d’une « trentaine d’agriculteurs de Saint-Just et des communes à 10 ou 20 km, de Bains-sur-Oust et Sixt-sur-Aff jusqu’à Maure-de-Bretagne ».

Les tourments du vent

Le vent et ses changements d’orientation ont donné de l’ampleur à l’incendie et fait craindre le pire quand tout semblait sous contrôle. « Mercredi, le vent a poussé les flammes en direction du château du Val, mais le soir, le vent a ramené les flammes vers le bourg. Il y a eu pendant trois jours une succession de malchances. Mercredi et jeudi, les températures étaient caniculaires avec des pics à 38 et 40 °C. C’est là que le feu était fort. Jeudi, l’incendie n’était pas maîtrisé et 30 ha de plus ont brûlé. Il l’a été vendredi, malgré les reprises et les flammes ici ou là. » « Les deux extrémités de la zone étaient très surveillées pour éviter que le feu n’atteigne la Butte de Grénel et de l’autre côté qu’il n’aille vers le Bézyl, comme ce fut le cas en 1976. » Le feu avait alors ravagé 1 000 ha. Tandis qu’en 1989, 200 ha avaient été calcinés.

Une centaine d’habitants évacués

Par mesure de précaution, une centaine d’habitants ont été évacués, dont les habitants du village de Trohinat à Sixt-sur-Aff qui était menacé. « Les interventions des pompiers auraient pu être freinées si la population était restée sur place. » Tous les habitants ont pu retourner chez eux « vendredi soir ».

Déplacements des postes de sécurité

La protection civile s’est rapidement mobilisée et a offert des solutions d’accueil qui « ont dû être déplacées » en fonction des mouvements de l’incendie. « C’était d’abord à La Bichonnais. Puis à la salle du Cojoux qui a rapidement été quittée pour Pipriac, dès mercredi soir dans une salle non climatisée, avant que les personnes hébergées soient accueillies à Saint-Ganton, au frais. » La protection civile a quitté Saint-Just lundi 17 août. Quant au point logistique de soutien aux sapeurs-pompiers, il a aussi été déplacé de la salle de Cojoux jusqu’à l’école Notre-Dame. Il a fini dans un gîte du bourg, où une équipe de sapeurs-pompiers a passé le week-end à surveiller et arroser les endroits chauds repérés par la caméra thermique d’un drone, la lente combustion de la tourbe sous terre.

Solidarité

« La population et les entreprises et restaurants ont fait preuve de beaucoup de solidarité et de générosité. Un grand merci à tout le monde ! » salue Nicolas Debray, au regard des dons et bénévolat dont ont bénéficié les pompiers et habitants menacés. « Même si on a dû parfois les refuser, nous remercions aussi tous ceux qui nous ont proposé de l’aide. On n’aurait pas pu faire mieux avec plus de monde. »

Matériels non compatibles

Quelles leçons tirer de l’incendie ? La première remarque qui vient à l’esprit de Nicolas Debray est technique : « Les pompiers des différents départements n’ont pas tous le même matériel et les raccords des tuyaux avec les bâches vertes de défense incendie installées dans les hameaux et zones d’activité n’étaient pas tous compatibles… On s’est rendu compte que les fournisseurs ne travaillaient pas avec les mêmes normes. C’est maintenant en voie de normalisation. » Ces poches d’eau disséminées sur le territoire ont été notamment régulièrement réapprovisionnées par des agriculteurs quand elles étaient à sec, au plus fort de la lutte contre l’incendie.

Pour un plan intercommunal de sauvegarde

Au moment de l’incendie, à la suite des élections municipales de mars dernier qui ont vu l’élection de Nicolas Debray, « nous étions en pleine révision de notre Plan communal de sauvegarde. Les grandes lignes étaient établies, mais pas les détails. Nous allons pouvoir continuer à y travailler avec l’expérience vécue ». Ce Plan communal de sauvegarde « nomme des référents par secteur, pour informer la population, et pour assurer la logistique, la sécurité ». Le document « dresse aussi un ensemble de procédures et identifie des lieux » pour des fonctions d’urgence. Cela dit, « il apparaît nécessaire d’établir une version intercommunale du Plan de sauvegarde, que ce soit pour coordonner les agriculteurs ou recenser les points d’eau. Toutes les communes voisines ont apporté leur soutien. Les maires ont proposé des gîtes, des salles, leurs agents techniques sont intervenus pour donner des coups de main. » Un document seul ne viendra pas à bout du phénomène global du changement climatique. « Nous avons passé l’été en croisant les doigts. Avant le 12 août, nous n’avions connu qu’un départ de feu début juillet à Bel-Air, près de la zone artisanale, probablement dû à une imprudence », une cigarette jetée sur une végétation sèche et inflammable.

Obligation légale de débroussaillage

« Comme avant l’été, nous serons attentifs à l’Obligation légale de débroussaillage qui incombe aux propriétaires d’espaces boisés à 50 m des habitations. Les broussailles représentent le danger ultime pour les pompiers, si un roncier de deux mètres se trouve près d’une maison. Nous allons aller vers les habitants et leur envoyer des courriers en leur expliquant ces risques. Il y aura un travail de fond à effectuer dans la durée. » « Globalement, il faut que la population prenne conscience des dangers que représentent en plein été une cigarette et un barbecue. Les étés ne seront plus les mêmes qu’avant, ils vont même certainement s’aggraver, surtout si nous ne changeons pas notre mode de surconsommation et notre mode de vie. Si nous ne changeons pas de trajectoire, ce sera pire demain ! », alarme Nicolas Debray. Le déni n’est plus possible. Le modèle capitaliste nous fait croire qu’on peut toujours aller vers le plus. Nous en atteignons les limites. L’adaptation avec trois bouts de ficelle ne suffira pas. « L’incendie s’est bien terminé à Saint-Just, ce n’est pas sûr que ça se terminera bien aussi dans le futur. »

Sécuriser le site

Le site mégalithique, détruit « au-delà des deux-tiers, était une réserve de biodiversité. Nous espérons que le site sera de nouveau accessible au public dans quelques semaines », indique Nicolas Debray, conscient du temps qui sera nécessaire à la nature pour reprendre ses droits. « Il faut avant tout sécuriser les sentiers du site. » Le week-end dernier, une dizaine de sapeurs-pompiers restaient à Saint-Just : « Nous sommes maîtres du feu depuis samedi 15 août, après avoir fixé le feu vendredi 14. Notre objectif est zéro fumerolle pendant 24 heures, ce sera le signe que le feu est éteint », assurait vendredi 21 août le lieutenant-colonel Arnaud Guitton du Centre opérationnel départemental d’incendie et de secours. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.