Revue de presse

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Restrictions d’eau, vidéo polémique et dérogation préfectorale : pourquoi le Jumping de Dinard fait grincer des dents ?

Ouest-France · 01/08/2026 · ← revue

Des pelouses entièrement jaunies. Des arbres aux feuilles brûlées. Si les effets de la sécheresse et des épisodes caniculaires à répétition s’observent partout, le centre équestre de Val-Porée de Dinard (Ille-et-Vilaine) semble sous une cloche de verre. À l’occasion de l’International Jumping de Dinard, organisé du 30 juillet au 2 août 2026, les spectateurs découvrent une piste en herbe d’un vert éclatant, proche de la perfection, malgré sa forte exposition au soleil. Le contraste n’échappe à personne. Un résultat spectaculaire, obtenu en partie grâce à un arrosage abondant, qui fait grincer des dents alors que l’Ille-et-Vilaine est placée en vigilance renforcée pour l’eau potable depuis le 25 juillet et que les autorités appellent les Français à réduire leur consommation d’eau. Il ne vaut mieux pas en parler , nous chuchotait un cadre de la compétition. C’est sans parler du terrain d’entraînement en sable, filmé en train de profiter d’une irrigation généreuse, suscitant l’indignation de nombreux internautes ainsi que des élus de l’opposition municipale.

« Une erreur matérielle »

Publiée sur Facebook le 27 juillet, la séquence laisse penser que le gestionnaire du centre équestre, auquel la Ville a délégué l’exploitation du site, n’a pas respecté les restrictions prises par la préfecture d’Ille-et-Vilaine indiquant l’interdiction de l’arrosage des carrières de centres équestre en l’absence de dérogation. L’arrosage du stade est réparti entre la ville et le délégataire selon les zones, et qu’il a pu y avoir une erreur matérielle durant le week-end, l’Ille-et-Vilaine étant passée en alerte renforcée le samedi , a reconnu le maire, Arnaud Salmon, à nos confrères du Télégramme. La dérogation préfectorale n’a été accordée que le 28 juillet, soit le lendemain de la publication de la vidéo. Surtout, cette dernière se limite uniquement à l’arrosage du terrain d’honneur ». Comprenez : celui en herbe, et non celui en sable. La Ville est donc autorisée à arroser les 11 000 m² de pelouse avec un apport nocturne maximal de 20 h à 8 h de 80 m³, contrairement au volume accordé en 2022 de 165 m³/nuit , et ce jusqu’au 2 août. Ramené aux nombres de jours, cela représente 480 m³ d’eau, soit la consommation d’un Français moyen pendant neuf ans. Selon un document de l’Institut français du cheval et de l’équitation datant de 2023, le terrain de concours de Dinard peut consommer jusqu’à 2 500 m³ d’eau pour quatre jours de compétition , en se fondant sur des données de la préfecture en 2022. Une quantité équivalente à près de 47 ans de consommation pour un seul Français. Pour justifier cette nouvelle dérogation, la Ville évoque notamment les conséquences directes financières d’une annulation au dernier moment pour ce championnat, dont le budget global est de 1,8 million d’euros, ainsi que les conséquences indirectes à plus long terme de l’annulation de l’événement : sa non-reconduction les années suivantes à Dinard , peut-on lire dans le courrier préfectoral. Le Jumping est une image de la collectivité, un fleuron de Dinard. C’est un évènement qui fait rayonner la ville dans plus de 45 pays du monde , a soutenu le maire.

Un récupérateur d’eau de pluie dans les prochaines années

En 2022, lors de la précédente dérogation, l’ancien préfet avait pourtant averti qu’une dérogation ne pourrait être accordée pour ce même motif dans les années à venir, et invitait les organisateurs à prendre les dispositions pour anticiper une telle situation . Autre caillou dans la chaussure : ni le centre équestre dinardais, ni l’évènement cinq étoiles, ne sont labellisés par EquuRes, la seule démarche de qualité à l’environnement pour les structures équestres reconnue par le ministère de l’Agriculture. Une absence notable pour l’un des stades équestres et l’un des concours de saut d’obstacles les plus prestigieux de France. À ce jour, 438 structures ont obtenu ce label. C’est le cas des rendez-vous comme le Jumping de La Baule, le Mondial du Lion ou encore plusieurs Grand Prix. Dinard ? Je n’ai rien du tout. On ne travaille pas avec le Jumping, ni avec le centre équestre, assure la chargée de développement du projet, Katie Clifford. Au niveau des évènements, ça reste une démarche volontaire. Le Jumping nous a jamais sollicités donc ça signifie qu’ils ne sont pas intéressés à l’instant T , conclut-elle, précisant que les labels sont distincts pour les établissements et les évènements. On ne s’en est jamais préoccupés. Ni le centre équestre, ni l’organisation du Jumping ne savaient ce que c’était , reconnaît Frédéric Tarder, responsable de la communication du Jumping. De son côté, le cabinet du maire s’est dit volontaire pour y réfléchir. J’ai demandé au staff en charge des terrains de sport de faire des efforts. On a rendu plus performant l’arrosage avec un arrosage automatique, a assuré le maire, dans un entretien lundi. On espère installer un récupérateur d’eau de pluie dans les prochaines années.