REPORTAGE. « La légende arthurienne s’est passée ici » : balade en Ille-et-Vilaine dans une forêt de chênes centenaires
À une vingtaine de kilomètres au sud de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), loin du tumulte des vagues et du flot des touristes, se trouve une forêt où se mêlent histoires et légendes, corsaires et druides, randonneurs et promeneurs. Il s’agit de la forêt du Mesnil qui recouvre la commune du Tronchet (Ille-et-Vilaine) et s’étend sur les communes autour. Si cette forêt est célèbre, c’est surtout pour La Maison des Fées, un site mégalithique classé monument historique en 1889. Il s’agit d’une chambre funéraire du néolithique de 14 mètres de long pour 2,30 mètres de large et 1,30 mètre de haut. La légende raconte que des fées y ont élu domicile. Aux solstices, des druides viennent s’y recueillir et performer des rites. Mais celui que Ouest-France a dérangé de sa retraite est conteur. Pour Gérard Goré, lauréat du Kan ar Bobl et de la Bogue d’or à Redon, les gens ont besoin de rêver et pour que les gens rêvent, il faut leur raconter des histoires . Il nous en a donc raconté quelques-unes qui pourraient donner envie de visiter la forêt du Mesnil. Gérard Goré a d’abord raconté l’Histoire avec un grand H, celle de la forêt du Mesnil. Elle fut achetée au XXe siècle par la famille du célèbre corsaire malouin Robert Surcouf puis revendue à l’État en 1933. Sa famille y fit construire un pavillon de chasse. C’est d’ailleurs un de ses descendants qui a fait expertiser et restaurer la Maison des Fées par un archéologue anglais. C’est également à cette époque qu’ont été progressivement abandonnés les bassins de rouissage de la forêt. Le lin et le chanvre étaient apportés dans la région par cabotage puis laissés à pourrir dans des bassins dédiés pour en extraire seulement la fibre. Un siècle plus tard, les bassins ne sont plus utilisés mais ce sont les nazis qui creusent des trous pour y stocker des munitions, difficiles à bombarder dans la forêt, mais assez proches de la côte. Si les munitions ne sont plus là, les trous, assez profonds, sont encore observables, en particulier aux abords des routes. Le conteur nous a aussi parlé des histoires qu’il racontait en Gallo à celles et ceux qui voulaient bien l’entendre. Il s’arrête à quelques pas de l’orée de la forêt pour rétablir la vérité : La légende arthurienne s’est passée ici et pas à Paimpont . Il explique que Geoffroy de Monmouth, l’un des principaux écrivains de la légende, était le fils d’un seigneur du coin parti en Angleterre avec Guillaume le conquérant. Petit à petit, il fait des rapprochements entre les épisodes de la légende et les villages de la région. Il raconte aussi que le Diable en personne serait enterré sous une pile de rochers dans la forêt, après avoir tenté de les lancer sur Le Mont-Saint-Michel que l’Archange lui a dérobé en lui jouant un tour. Toutes ces histoires et légendes habitent la forêt de chênes centenaires aux côtés de fleurs protégées et d’une faune luxuriante. Un chemin de randonnée au départ du Tronchet permet d’en visiter les principales curiosités.