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Près de Vitré, un homme condamné à 15 ans de prison pour avoir violé deux sœurs mineures dont il avait la garde

Ouest-France · 04/11/2026 · ← revue

Il n’hésitait pas à donner 10 € pour aider… Si on n’avait pas de quoi s’acheter un steak haché. Anthony Caillère, en tant qu’employé dans un abattoir, savait se montrer généreux et faire profiter son entourage des réductions sur la viande auxquelles il avait droit. À l’époque, entre 2014 et 2022, les bénéficiaires de ses largesses sont des familles de la région de Vitré (Ille-et-Vilaine), plutôt en difficulté, fragilisées par les aléas de la vie.

C’est ainsi que le jeune homme gagne la confiance d’une mère de famille, alors en pleine séparation conflictuelle. Rapidement, il lui propose de garder ses filles de 8 et 11 ans, d’aller les chercher à l’école et de s’en occuper jusqu’à son retour du travail.

Il était sympa, serviable et apportait de la joie, confie un père, lui aussi approché par ce baby-sitter bénévole. Il participait avec nous, à des soirées barbecue où on rigolait bien. On ne voyait rien de malsain dans le fait de lui confier nos enfants. Lui, pourtant, coupera court à toute relation, se sentant trahi quand ses filles lui décriront de possibles attouchements. La justice classera sans suite.

Elle poursuivra, en revanche, Anthony Caillère, 36 ans, pour plusieurs centaines de faits d’agressions sexuelles, perpétrés entre 2014 et 2022, et même des viols par pénétration digitale. Les victimes sont les deux sœurs de 8 et 11 ans dont la mère s’était prise d’amitié pour l’accusé, détenu depuis 2023 et qui a comparu, mardi et mercredi, devant la cour criminelle à Rennes.

Mode opératoire

Le trentenaire n’est plus que l’ombre du boute-en-train décrit par ses victimes. Totalement éteint dans le box du tribunal, il reconnaît certaines agressions, puis en nie d’autres, sans plus de précision. Laconique, il reste muet, l’air hébété, dès qu’une question l’embarrasse.

Celle de la présidente de la cour criminelle en est une : Pourquoi, alors que vous aviez une compagne et un travail, proposer vos services comme garde d’enfants ? Vous étiez déjà bien occupé…

L’accusation voit dans ces techniques d’approche un véritable mode opératoire. Celui d’un homme recherchant le contact des mineurs dans l’idée d’assouvir ses pulsions sexuelles. Sans se soucier des avertissements, comme sa condamnation, en 2017, à deux ans de prison, dont un avec sursis, pour agression sexuelle sur une fillette de 7 ans.

Aux autres familles, chez qui il intervenait et qui s’inquiétaient de le voir affublé d’un bracelet électronique, l’accusé mentait, évoquant la sanction d’un délit routier ou d’une relation sexuelle qu’il prétendait consentie avec une jeune fille de 17 ans. Il a, surtout, ignoré l’interdiction, à laquelle il était soumis, d’entrer en contact avec des mineurs.

« Pas un monstre »

Son statut de récidiviste, son absence de compassion pour les victimes témoignent, selon l’accusation, de sa dangerosité. Vingt-deux ans de réclusion criminelle sont requis. Mon client n’est pas un monstre, estime Me Stéphane Bernhard, l’avocat de la défense. S’il reste cloîtré en lui-même, c’est parce qu’il a honte des faits qu’il a commis. Il peut être soigné. En prison, il prend déjà des antidépresseurs qui annihilent sa libido.

Anthony Caillère est, finalement, condamné à quinze ans de réclusion criminelle. À sa sortie, il sera soumis à six ans de suivi sociojudiciaire avec injonction de soins. Il aura interdiction, à titre définitif, d’exercer une activité au contact de mineurs.