Revue de presse

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Premier round au tribunal entre les fondateurs du Canon français et les deux députées Insoumises d’Ille-et-Vilaine

Ouest-France · 04/09/2026 · ← revue

Innocente célébration du terroir ou rassemblement promouvant l’idéologie d’extrême droite ? La question revient désormais à chaque nouveau banquet organisé par le Canon français, comme en novembre 2025 au sud de Rennes (Ille-et-Vilaine). Si l’événement aura finalement bien lieu, son annonce avait déclenché l’opposition farouche de treize élus locaux de gauche qui réclamaient son annulation dans un communiqué. Jeudi 3 septembre 2026, le tribunal de Tours (Indre-et-Loire) examinait une plainte pour diffamation déposée par le Canon français à l’encontre de deux députées Insoumises d’Ille-et-Vilaine, cosignataires de ce texte. Pourquoi uniquement contre Marie Mesmeur et Mathilde Hignet et rien contre les élus socialistes ou le sénateur écologiste ? Joint avant l’audience, le cofondateur du Canon français Géraud de la Tour explique : Ce sont celles qui étaient les plus virulentes dans leurs attaques sur les réseaux sociaux. Leur parti politique, c’est le cadet de nos soucis. Marie Mesmeur dénonce au contraire une procédure bâillon et un procès politique ciblant spécifiquement les Insoumis et les journalistes qui sont des lanceurs d’alerte . Pour Géraud de la Tour, l’épisode rennais a en tout cas constitué un tournant. Avant cela on avait eu des critiques mais ça restait résiduel. Là ce sont des élues de la République qui se sont emparées du sujet. C’est un déclencheur : derrière, ça a été un déferlement de mensonges. Nous, on n’organise pas des meetings néonazis, on ne fait pas de politique.

L’ombre de Pierre-Edouard Stérin

Le communiqué de novembre 2025, examiné par le juge, ne parlait pas de meeting mais décrivait les banquets de cette façon. De nombreux journalistes l’ont documenté : saluts nazis, chants à la gloire du Rassemblement national, drapeaux royalistes. Cette référence aux saluts a été au cœur de l’audience. Plus tôt, dans le même tribunal, un journaliste de Radio France était également poursuivi pour avoir relayé ces accusations pourtant confirmées à Caen en avril 2026 par un autre journaliste de Radio France. À la sortie de l’audience et alors que le juge ne rendra sa décision que le 12 novembre, l’avocat des deux députées, Raphaël Kempf, considérait particulièrement intéressant que plusieurs propos de ce texte n’ont pas été poursuivis, comme celui que Pierre Edouard Stérin instrumentalise cet événement pour faire la promotion de l’extrême droite. Même chose pour les chants ou les drapeaux. Cela contredit toute leur communication consistant à dire qu’ils ne font pas de politique. Pierre-Edouard Stérin, milliardaire assumant sa volonté de diffuser des idées ultraconservatrices, est devenu actionnaire de l’entreprise en 2025.