Pour continuer à attirer des résidents, ce bourg de 800 habitants au nord de Redon renforce l’accueil des jeunes enfants
Couper le ruban inaugural d’une maison d’assistantes maternelles (Mam) peut paraître un geste banal. Pour une commune rurale d’un peu plus de 800 habitants, c’est un événement. Samedi 3 octobre 2026, la Mam ô Mômes de Lieuron, au nord de Redon (Ille-et-Vilaine), a été inaugurée. C’est la dernière réalisation en date pour la commune qui opère une stratégie de développement.
C’est un travail de longue haleine qui vise à moderniser nos services et à se projeter vers l’avenir. Nous avons agi sur tous les fronts : liaison piétonne, aménagement et sécurisation du bourg, soutien aux commerces de proximité, avec notre tabac-restaurant-multiservices, rénovation de la salle de sport ou encore création de l’espace intergénérationnel, énumère Rose Line Prévert, la maire.
Maintenir la dynamique n’est pas toujours facile. Dernier exemple en date : la boulangerie rénovée a vu partir ses nouveaux gérants au bout de quelques mois. Un commerce qui, avec la boucherie, est essentiel pour attirer et fixer les habitants. Mais pas seulement. 135 logements ont été créés. On a reconquis les logements vacants et d’autres sont sortis de terre, rappelle la maire. Un appel d’air qui séduit avec un prix du foncier peu élevé.
La 3e couronne rennaise attire les néoruraux
L’atout phare de Lieuron reste sa desserte. Notre population augmente depuis 2020. De jeunes couples s’installent chez nous de par notre situation géographique en 3e ceinture rennaise. La livraison de la quatre voies, en 2021, a changé la donne. L’exode métropolitain s’étire dégressivement le long de l’axe Rennes-Redon, jusqu’à Pipriac.
Qui dit nouvelles populations, dit nouveaux besoins. La municipalité l’a vite compris. La création de la Mam, à côté de l’école et des services, s’est inscrite dans cet objectif. Les chiffres évoquent à eux seuls le besoin.
Les six communes du bassin de Pipriac, c’est 10 000 habitants. 278 familles avaient, en 2023, au moins un enfant de moins de trois ans, soit 296 enfants. 178 avaient des parents tous les deux en activité,détaille Jean-François Mary, président d’une agglomération en proie, comme partout, au vieillissement de sa population. À Lieuron, treize enfants sur vingt avaient besoin d’un accueil régulier, avec un taux de biactivité de 60 %. Mais il n’y avait qu’un enfant en garde à Pipriac.
Seize places proposées à Lieuron
La toute nouvelle Mam ô Mômes offre seize places dans 170 m². Elle est gérée par l’association du même nom. Nous sommes quatre. Trois d’entre nous étions d’anciennes collègues dans le même institut médico-éducatif (IME) et on partageait l’envie d’une reconversion pour exercer dans le secteur de la petite enfance, explique Anaïs Lecourtois.
Le projet des quatre professionnelles, qui a séduit la commune, repose, entre autres, sur l’autonomie, la motricité libre et la personnalisation. Pour les temps de repos, on regroupe les enfants en fonction de leurs rythmes, gros ou petits dormeurs, expliquent les assistantes maternelles. La Mam a été vite saturée, mais les aléas de chantier ont obligé certains parents à finalement se replier sur une autre offre. Il reste encore une place.
L’investissement de 402 000 € a été cofinancé au maximum, de l’ordre de 80 %, par la Caisse d’allocations familiales (Caf), l’État et le Département. En regardant ce nouveau quartier pavillonnaire dans lequel s’est inséré le nouvel équipement, la sénatrice Françoise Gatel savoure : Ce n’est pas parce qu’on est une commune rurale qu’il n’y a pas des choses qui se font. Il y a beaucoup de solidarité et les choses, on les invente !
Mam ô Mômes, 1, rue des Écoliers, à Lieuron. Ouvert de 7 h 30 à 18 h, adaptables. Contact : mamomomes35@gmail.com