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Phantom mise sur les vents porteurs du wingfoil pour se relancer

Les Échos · 02/09/2026 · ← revue

Le wingfoil a le vent en poupe. Le marché mondial de cette variante du kitesurf avoisine désormais les 800 millions d'euros, en croissance de 10 % à 20 % selon les années. Un succès dont Phantom, le spécialiste historique des sports de glisse, installé à Lorient, dans le Morbihan, entend bien tirer parti pour se relancer. Pionnier, au moment de sa création en 2010, des systèmes à foils « grand public », notamment grâce à son catamaran Flying Phantom, la PME a connu des zones de turbulences. En novembre 2025, elle a même été placée en liquidation judiciaire, avant d'être sauvée par Thomas Normand, accompagné de Jérôme Dédéyan, associé fondateur d'Eres group et de Didier Le Menestrel, fondateur de La Financière de l'échiquier.

Repositionnement

« Les difficultés étaient liées à un changement dans le système de distribution et à un positionnement prix ne répondant pas aux attentes du marché. Fan historique de Phantom, j'avais envie de poursuivre cette aventure », témoigne le dirigeant. Pour sortir du trou d'air, la nouvelle équipe a revu sa stratégie commerciale. Elle distribue ses produits en direct afin « de mieux maîtriser les stocks, mais aussi de s'affranchir de la nécessité d'être très visible dans des magasins multimarques », souligne Thomas Nordmand. Autre avantage de cette désintermédiation : la marque reste en contact direct avec ses acheteurs, dont elle cerne mieux les attentes. Dans les disciplines couvertes par Phantom, le matériel haut de gamme représente un investissement : une planche coûte environ 700 euros, une aile, 900 euros, un pack foils (le système de portance) près de 2.000 euros. Des prix auxquels peuvent s'ajouter des frais d'envois importants, notamment à l'international. « C'est pourquoi nos marchés principaux se situent dans les pays limitrophes à la France. Outre les particuliers, nous visons aussi la clientèle professionnelle, les clubs de voile, les hôtels ou les associations sportives comme l'UCPA », détaille le chef d'entreprise. Avec ses wings, foils, windfoils, surfs, skateboards et sa gamme d'accessoires, Phantom a réalisé 1 million d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Pour progresser encore, Phantom va aussi revenir à ses premiers amours : la voilerie pour le nautisme, dont la production a été abandonnée depuis plusieurs années. Un marché que Thomas Normand connaît très bien, lui qui était encore récemment directeur commercial de North Sails, le leader mondial du domaine. « Sur ce segment, nous comptons réaliser une opération de croissance externe avant la fin de l'année », avance le dirigeant, qui entend faire croître d'au moins 10 % le chiffre d'affaires de sa PME cette année.

Guillaume Roussange (Correspondant à Rennes)