« On peut tous rentrer chez nous » : Après le violent incendie dans le sud d’Ille-et-Vilaine, des habitants soulagés
Il faut voir le bon côté, tout le monde est sauvé. Un immense soulagement règne dans le petit village de Saint-Just (Ille-et-Vilaine), ce vendredi soir 14 août 2026, qui fait face à un violent incendie depuis mercredi 12 août. La bonne nouvelle est tombée, raconte Michel Blancho, 78 ans. On nous a appelés pour dire que l’électricité était revenue et qu’on pouvait rentrer chez nous. Le feu étant désormais fixé - mais pas éteint -, les pompiers et gendarmes ont autorisé les habitants à regagner leur domicile. Dans un communiqué publié à minuit ce vendredi soir, la préfecture confirme qu’aucune reprise de feu n’est constatée et aucun hameau n’est menacé ». Elle précise que les conditions météorologiques restent néanmoins défavorables à une levée complète de la vigilance », évoquant des rafales de vent et toujours aucune précipitation. 162 pompiers et 47 engins restent ainsi mobilisés sur le site pour surveiller des points chauds et poursuivre les opérations de noyage des zones traitées ». Des reconnaissances thermiques sont aussi réalisées à l’aide de drones. Dans la journée de vendredi, 43 largages ont été effectués par les moyens aériens. Deux jours avant, Michel Blancho, qui vit dans le hameau de Poubreuil, depuis 46 ans », avait été évacué, comme 190 autres personnes. On n’est pas les plus malheureux, les pompiers avec l’aide des agriculteurs et des habitants ont très bien maîtrisé ça », raconte-t-il en gardant le sourire. Même s’il ajoute : Jeudi, on a quand même eu un coup de frayeur, quand l’incendie s’est emballé. C’était impressionnant de voir les hélicos et avions en action.
Le feu est arrivé juste devant la maison de ma fille
Le petit hameau d’une vingtaine de maisons a pourtant eu chaud. Le feu est arrivé juste devant la maison de ma fille et de mon ex-mari, qui sont partis en vacances », raconte Odile, pain de mie dans une main, et téléphone qui sonne dans l’autre. Depuis deux jours, cette habitante de La Gacilly a veillé aux flammes et prêté main forte aux pompiers. Je suis allée faire les courses pour leur rapporter de la nourriture. Surtout des pastèques. Ils étaient ravis », témoigne celle qui a très peu dormi depuis 48 heures. Avec d’autres voisins, ils se sont réunis pour partager un repas et boire un verre. Nous sommes nombreux à être restés sur place, on est un peu les Gaulois de Saint-Just », explique Jean avec d’autres voisins. Les flammes étaient juste-là », à quelques dizaines de mètre. On a lutté contre les flammes qui arrivaient chez les voisins, on apportait des seaux d’eau aux pompiers. Ils nous ont félicités.
« Je me souviens de 1976 »
Sarah, elle, a préféré évacuer mercredi soir. « Je ne me sentais pas de rester. Mais je suis quand même revenu hier. » Ce soir c’est le soulagement. « On fête un peu la victoire, même si tout le monde est épuisé. » Plus bas dans le village, Émile Lemée vient d’arriver chez lui. Je n’ai même pas eu le temps de constater les dégâts. Avec sa femme, ils ont dormi dans la salle municipale de Pipriac. Je me souviens de l’incendie de 1976, il n’y avait pas eu autant d’agitation. Personne n’était venu nous demander d’évacuer », raconte l’homme de 82 ans. À l’époque, plus de 1 000 hectares avaient brûlé et certaines maisons ravagées. Mais ce vendredi soir, toutes les maisons restent entières. Et la vie du hameau reprend son cours. Je me dépêche, j’ai une fuite d’eau à réparer.