Revue de presse

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« On ne va pas non plus défiler au-delà de la rocade » : à Rennes, la tension monte entre les syndicats et la Préfecture avant la manifestation du 5 novembre

Le Télégramme · 03/11/2026 · ← revue

Nouvelle passe d’armes autour du parcours de manifestation à Rennes. Après les atermoiements de la semaine dernière, qui avaient vu le rassemblement du samedi 31 octobre annulé puis validé au dernier moment, la préfecture a refusé le tracé proposé par l’intersyndicale pour la grande manifestation du jeudi 5 novembre.

Interdiction de la Préfecture

Les syndicats avaient proposé d’éviter les quais : avec un départ depuis la place de Bretagne, puis en passant par le boulevard de la Tour-d’Auvergne, le boulevard du Colombier, le boulevard Beaumont, la place de la Gare, l’avenue Jean-Janvier, et un retour place de Bretagne par le boulevard de la Liberté.

Une proposition qui n’a pas satisfait les autorités. Dans un arrêté publié lundi 2 novembre, la préfecture a renouvelé son interdiction de manifester dans le centre-ville, sur un périmètre englobant le centre historique, les quais, mais aussi le secteur de la gare, le boulevard de la Liberté et la place de Bretagne.

Risque de dégradations

Pour justifier sa décision, elle estime « qu’une déambulation d’un cortège sauvage en marge du parcours déclaré ne peut être écartée » et que « la sécurité du personnel des commerces et de leur clientèle ainsi que la prévention des dégradations et pillages sont incompatibles avec la tenue de rassemblements dans ce secteur ».

Réunie ce mardi midi, l’intersyndicale a décidé de passer outre cette interdiction. « Pour jeudi, on maintient le parcours qu’on a proposé, de manière structurée et ordonnée, avec un cortège syndical qui sera massif », indique Mathieu Cocq, secrétaire général de l’UD CGT 35. « On ne tolérera pas ce recul des libertés démocratiques, voulu par le ministère de l’Intérieur. On a déjà eu trois réunions avec la préfecture là-dessus ! On a autre chose à faire que d’y passer notre vie. »

« On ne veut pas abandonner le centre-ville »

Il dénonce une manœuvre visant à faire défiler les manifestants le plus loin possible du centre-ville : « L’interdiction vise à forcer à négocier, c’est une négociation le couteau sous la gorge. Nos parcours se passent toujours bien. Ce qui se passe ailleurs, plus tard, n’est pas notre responsabilité. Notre droit de manifester n’est pas négociable. » Et d’ajouter : « La préfecture utilise les dégradations pour nous faire porter la responsabilité de ce qui ne nous appartient pas. »

Jean-Marc Llavorie, secrétaire départemental de la FSU, souligne la différence avec les rassemblements du samedi. « Sur le 5 novembre, c’est un appel intersyndical propre. On a déposé des parcours ces jours-là pour structurer un peu les choses. On a proposé deux parcours différents et on s’y tient. On ne veut pas abandonner le centre-ville. On prend nos responsabilités en n’allant pas sur les quais, mais on ne va pas non plus défiler au-delà de la rocade. »

Malgré ces difficultés autour de l’organisation de la manifestation et du parcours, les syndicats s’attendent à une mobilisation qui pourrait faire date. « Vu les remontées qu’on a, on aura des taux de grévistes importants. La pression sera maximale », prévient Mathieu Cocq, qui promet une démonstration de force dans la rue jeudi : « Il y a une sécurisation massive prévue, on sécurise le cortège, point. »