Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass BPC (navigateur)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« On ne peut pas vivre comme ça ! » : à Rennes, des migrants occupent un gymnase après la tempête qui a balayé leur campement

Le Télégramme · 25/10/2026 · ← revue

Dans la salle du gymnase Beauregard, ils retrouvent un peu de tranquillité après avoir essuyé, dans la nuit de jeudi à vendredi, la tempête Austen dont le vent a détruit une partie de leur campement. Tentes couchées, toiles de protection envolées, tapis de sol inondés, les stigmates de la perturbation qui a touché la région sont encore visibles. « Jeudi soir, une délégation a tenté, en vain, de rencontrer l’élu de permanence au vu de l’arrivée de la tempête. Comme rien ne s’est passé, il a été décidé d’occuper cet endroit. Il y a environ une centaine de personnes présentes sur le campement. Une vingtaine est restée sur place. Vendredi, l’association Utopia 56 a pu rencontrer un élu qui a finalement donné l’autorisation de rester jusqu’à lundi 14 h », explique Pierrick, membre de l’interorganisation de soutien aux personnes exilées.

« On ne peut plus dormir dehors »

Sur place, environ 80 personnes sont présentes, dont une quarantaine d’enfants, venues notamment de Serbie, Russie, Géorgie, Albanie, Congo ou encore du Gabon. Ce dimanche, chacun s’occupe comme il peut. Au milieu de la salle, des enfants courent et jouent au ballon. Tout autour de la salle de sport, le long des murs, des matelas sont posés sur le sol, les uns à côté des autres. Soline, Gabonaise, arrivée en France depuis trois ans, fait partie de ces sinistrés du campement voisin : « Au début, j’étais à Fougères et par la suite, je suis arrivée à Rennes, ça fait deux ans. Quelques fois, j’ai pu avoir un logement avec le 115 (numéro d’appel d’urgence sociale NDLR). Quand il n’y en avait pas, j’ai vécu dans une voiture au début. Ensuite, j’étais dans un campement au square de la Touche. J’ai retrouvé à nouveau un logement durant un an et demi, car j’ai des problèmes de santé. Depuis que cet hébergement est terminé, je me retrouve au campement Beauregard depuis le mois de juin. Jeudi, avec la tempête, ma tente a été abîmée. Je dois la rafistoler, car on doit aussi partir d’ici. On ne peut pas vivre comme ça ! ».

Depuis l’implantation du campement en mars dernier, les conditions de vie y sont précaires. Des conditions de vie difficiles auxquelles sont également confrontés Adem 14 ans et ses parents venus de Serbie : « Je suis en quatrième. Je vais au collège depuis un an. C’est un peu dur de revenir ensuite au camp. Maintenant, notre tente est cassée. On ne peut plus y habiter. Il y a de l’eau partout. En plus, il fait froid, on ne peut plus dormir dehors. C’est trop difficile. J’espère que l’on pourra avoir un logement ou une place à l’hôtel ».

Compétence de l’État

Chacun ici souhaite pouvoir trouver une solution de logement, mais les places sont rares et le 115 est submergé par les demandes. « C’est le rôle de l’État d’héberger ces personnes en détresse. La préfecture reste silencieuse et la mairie renvoie la balle à la préfecture. Il faut toutefois dire aussi que la mairie fait déjà beaucoup de choses pour aider les familles qui sont notamment sans solution de logement. Mais la mairie a le pouvoir de réquisition. On pourrait trouver des bâtiments des bureaux, des locaux vacants sur Rennes pour y accueillir ces personnes ». Interrogée sur ces faits, la mairie explique que « L’hébergement d’urgence des personnes sans-abri est une compétence exclusive de l’État, sur l’ensemble du territoire national ».