« On n'a jamais eu autant de projets commerciaux » : malgré sa liquidation, Anthénea veut croire à une reprise

La liquidation judiciaire d'Anthénea ne signe pas nécessairement la fin de son concept de suites flottantes. Le 14 octobre, le tribunal de commerce de Saint-Brieuc a prononcé la liquidation du fabricant installé à Lannion, dans les Côtes-d'Armor, après avoir écarté une première offre de reprise jugée insuffisante. Mais Jacques-Antoine Cesbron, son dirigeant, affirme que quatre candidats s'intéressent désormais à une reprise de l'activité. La liquidation ne concerne pas la location touristique, portée par Anthénea Booking. Elle continue d'enregistrer des réservations, avec un taux de remplissage élevé selon Jacques-Antoine Cesbron. « Notre activité booking marche très bien », insiste le dirigeant, qui souligne également les retours positifs des clients.
Des projets commerciaux qui restent à concrétiser
Ces réservations ne sont pas le seul indicateur que Jacques-Antoine Cesbron avance pour défendre le potentiel d'Anthénea. Il fait également état de projets commerciaux à l'international, notamment dans l'océan Indien, au Moyen-Orient et aux Bahamas. L'entreprise dispose, selon lui, de lettres d'intention d'investisseurs prêts à acquérir une dizaine de capsules et à fournir les emplacements nécessaires à leur installation. Si ces intentions se concrétisent, elles représenteraient un plan de charge de deux ans pour l'usine. « On n'a jamais eu autant de projets commerciaux », affirme-t-il. Ces perspectives n'ont toutefois pas permis d'éviter la liquidation. Le dirigeant pointe le décalage entre les délais de négociation des grands projets et les besoins immédiats de financement de l'entreprise. L'absence de perspectives d'amélioration à court terme, dans un contexte économique et politique dégradé, a fini par rendre l'attente trop difficile. « Malgré nos huit ans d'efforts », explique-t-il, la société a finalement décidé de jeter l'éponge. Fondée en 2018 par Jacques-Antoine et Murielle Cesbron, Anthénea avait développé des suites flottantes d'environ 50 m² destinées au tourisme haut de gamme. Avec un chiffre d'affaires de 750.000 euros sur l'exercice 2024-2025, elle n'a toutefois pas atteint les volumes de production envisagés. Une diversification vers la sous-traitance navale et industrielle n'a pas suffi à compenser les difficultés de son activité historique. La société employait 14 salariés au moment de sa liquidation.
Une reprise globale ou partielle
Les candidats intéressés présentent des profils variés, entre investisseurs, hôteliers et professionnels de l'exploitation touristique. La reprise pourrait porter sur l'ensemble des activités ou distinguer la fabrication de l'exploitation. Le dirigeant se dit prêt à accompagner le futur propriétaire pendant une période limitée afin de transmettre les savoir-faire techniques, les contacts commerciaux et les travaux d'optimisation réalisés par l'équipe. « On est prêt à transmettre », insiste-t-il. Il espère ainsi donner une suite industrielle à un concept qui, malgré les difficultés de son fabricant, continue selon lui de susciter l'intérêt des investisseurs et des clients.