« On fait dix opérations par semaine à Rennes » : La lutte contre le trafic de drogue ou le mythe de Sisyphe
Des opérations comme celles-ci, ils en ont fait des centaines. L’organisation est millimétrée. Le territoire parfaitement maîtrisé. Les policiers rodés. Alors ce jeudi 23 juillet 2026, à 17 h 50, le top départ n’est pas de ceux qui font trembler. Le centre commercial Italie, dans le quartier du Blosne à Rennes (Ille-et-Vilaine), est un point de deal bien connu, où de la cocaïne et du cannabis sont vendus massivement. La géographie des lieux est focalisante, avec de nombreux commerces de proximité, qui drainent beaucoup de monde, le métro facilitant les arrivées et les départs, la verrière, les petites artères… Il faut beaucoup de monde pour cerner ce point de deal , admet le commandant Emmanuel de Souza, chef adjoint du service départemental de sécurité publique. Ce jour-là, ils sont trente-cinq. Une quinzaine de policiers locaux et une vingtaine de « Rimbaud », nom poétique donné à la CRS82, unité mobile de police de la police nationale spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines et le trafic de stupéfiants et basée à Saint-Herblain (Loire-Atlantique).
Une vingtaine de pochons et 200 € de billets
Guidés dans les airs par un drone et épaulé au sol par le chien Oswald, spécialisé en recherche de stupéfiants, les policiers encerclent le centre commercial. L’intervention, rapide, permet l’interpellation d’un homme, la vingtaine, dans une petite rue adjacente. C’est le vendeur du jour . Avec un sac plastique rempli d’une vingtaine de pochons de cannabis et 200 € en billets. L’interpellé se voit notifier, comme 210 personnes depuis septembre, une interdiction de paraître dans le secteur, signé par la nouvelle préfète de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine Emmanuelle Dubée. Fraîchement arrivée, elle assiste à cette opération de terrain, comme l’a souvent fait son prédécesseur. Des opérations comme celle-ci, on en fait près de dix par semaine à travers la ville, explique la commandante Céline Touati, cheffe d’une unité. Depuis septembre 2025, la CRS 82 assure en effet une présence soutenue à Rennes , près de trois fois par semaine. C’est trois fois plus que l’année précédente. Car pour la préfète comme les policiers, le secret de la lutte reste la réitération des opérations sur les 26 points de deal rennais, pour maintenir la pression sur les dealers, et les consommateurs . Mais aussi ceux qui évoluent dans leur sillage. À Italie, une épicerie, soupçonnée d’être une base arrière du trafic, fait l’objet d’une procédure contradictoire en vue d’une fermeture administrative. Ils disposent de sept jours pour présenter leurs arguments à la préfecture.