Revue de presse

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« On a même des anti-chasse parmi nos membres » : en Bretagne, des chasseuses ont fondé une association pour casser les préjugés

Le Télégramme · 05/11/2026 · ← revue

« Les gens n’en reviennent pas, il y a énormément de curiosité. » Vendredi 6 novembre, à 18 h, une messe de la Saint-Hubert, patron des chasseurs, sera organisée pour tout public, dans la chapelle Saint-Adrien, à Saint-Barthélemy (56), par... les Chasseresses bretonnes. Après une heure de cérémonie animée par des sonneurs, elles tiendront une buvette pour financer un voyage d’échange avec une association similaire.

« Il y a six ans, j’ai commencé à monter des mini-événements avec quelques chasseuses de mon entourage, dans le Morbihan, et j’ai rencontré Léa Ogel, qui faisait pareil dans les Côtes-d’Armor, se souvient Marie Guillateau, coprésidente des Chasseresses bretonnes. On a donc fondé cette asso à quatre, en mai 2025. »

Elles sont désormais 90 : « Ce n’est pas du tout une opération de communication. On voulait simplement se rassembler en tant que femmes parce qu’on évolue dans un monde d’hommes. On ne s’attendait vraiment pas à un tel engouement. Ça montre qu’il y avait un besoin ».

« Ici, tu sais que personne ne te jugera »

« On est souvent la seule femme dans nos groupes de chasseurs locaux : la fille de ou la copine de, souligne la Crédinoise Fanny Le Mouillour-Eonnet, l’une des fondatrices. Ça fait du bien de montrer qu’on peut être indépendante des hommes. »

La Péaulaise Margaux Noguet confie : « On subit parfois des remarques sexistes et des blagues lourdes, que ce soit de la part de pratiquants ou non, et c’est important de se soutenir et de s’affirmer ».

Fanny Le Mouillour-Eonnet veut « faire tomber les préjugés » : « Souvent, les gens me disent : ''Mais tu n’as pas une tête à chasser toi !''. Nous sommes des jeunes femmes plutôt coquettes. Le week-end, on met des bottes mais la semaine, il nous arrive de marcher avec des talons. On fait aussi nos ongles… La chasse, c’est loin d’être seulement des Gérard, 70 ans ».

« Depuis quelques années, de plus en plus de femmes développent cette passion grâce, notamment, aux réseaux sociaux, abonde Margaux Noguet, 24 ans. C’est d’ailleurs par ce biais que j’ai entendu parler de l’asso. »

La moyenne d’âge des membres, qui ont de 16 à 72 ans, tourne autour de 30 ans : « Certaines n’osaient pas se mettre à la chasse parce qu’elles avaient peur d’avoir honte du regard des hommes. Quand tu es timide, un tel groupe peut te permettre de t’affirmer. Ici, tu sais que personne ne te jugera, même si tu es maladroite ».

Plein d’autres activités et même des anti-chasse

Pour adhérer, une femme a besoin d’avoir au moins 16 ans mais pas de posséder un permis de chasse. « Même si la plupart de nos membres l’ont, on n’en fait pas du tout la promotion. On propose plein d’autres activités. »

Sorties à l’écoute du brame du cerf, randonnées, courses d’orientation, balades dans des réserves naturelles en compagnie de biologistes… Les Chasseresses bretonnes se disent « avant tout amoureuses de la nature ».

« Ce qu’on préfère, c’est voyager, rencontrer d’autres passionnés de l’environnement, travailler avec des associations comme Centre Bretagne nature… On a même des anti-chasse parmi nous, se marre Marie Guillateau. C’est important de se confronter à d’autres regards sur notre mode de vie. »

La Baldivienne conclut : « Toutes les classes sociales se mélangent chez nous. Il y a des aspirations, des métiers et des courants politiques très différents… Le plus enrichissant, c’est notre diversité ».

Pratique

Contact : chasseressesbretonnes@gmail.com