Revue de presse

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« On a fait un câlin, rien de plus » : accusé d’agression sexuelle à Saint-Malo, il nie tout devant le tribunal

Le Télégramme · 10/09/2026 · ← revue

« On a fait un câlin, rien de plus », répond calmement le prévenu à la présidente du tribunal correctionnel de Saint-Malo. L’homme de 27 ans conteste fermement ce qui lui est reproché : l’agression sexuelle et des attouchements contre une personne vulnérable. La plaignante a expliqué aux policiers avoir été abordée sur une plage malouine le soir du 19 juin 2024 par un individu dont elle a fourni le signalement. Ce dernier lui aurait proposé de prendre un verre, ce qu’elle aurait refusé. Plus tard le même soir, elle l’aurait croisé une seconde fois, acceptant alors de faire un tour avec lui, puis de le suivre à son hôtel. Là, il l’aurait déshabillée et « violée ». Paralysée par la peur, elle se serait laissée faire et n’aurait rien dit avant de s’enfuir et de téléphoner à sa sœur.

« Une situation de malentendu »

À l’audience, le prévenu dit ne pas comprendre la plainte et livre une tout autre version. Il affirme avoir rencontré la jeune femme dans l’après-midi à la gare et convenu de la revoir le soir même avec des amis. Selon lui, ils se seraient promenés sur la digue en se faisant des câlins, puis seraient montés dans sa chambre d’hôtel pour « chercher de l’argent pour manger ». Ils se seraient embrassés à l’initiative de la jeune femme, qui aurait ensuite commencé à se déshabiller. Il indique l’avoir simplement touchée sur le corps, tout comme elle l’aurait fait envers lui, mais nie tout attouchement sur les parties intimes comme elle le prétend. « Elle était active ? » lui demande la présidente. Le prévenu confirme et insiste : « Je ne l’ai pas forcée. Elle était timide, mais je ne l’ai pas vue vulnérable. » L’expert psychiatre décrit pour sa part un homme « peu crédible dans ses propos, présentant les traits d’une personnalité égocentrique ». Mᵉ Espern souligne la vulnérabilité de sa cliente, évoquant « une petite fille dans un corps de femme ». De son côté, le procureur s’attarde sur la notion de consentement et réclame trois ans de prison, dont deux avec sursis, ainsi que l’inscription au Fijais. En défense, Mᵉ Baron plaide la relaxe, évoquant « deux personnes ayant vécu la même soirée et l’ayant ressentie différemment, une situation de malentendu ». Le tribunal a finalement requalifié les faits et a déclaré le prévenu coupable d’agression sexuelle simple. Le prévenu a été condamné à deux ans de prison avec sursis. Compte tenu des circonstances et de l’absence de casier judiciaire, son inscription au Fijais n’a pas été ordonnée.