Revue de presse

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« On a divisé notre consommation d’eau par sept » : au golf de Cesson-Sévigné, le gazon souffre sous la sécheresse

Ouest-France · 13/08/2026 · ← revue

À l’œil nu, le contraste est saisissant. Autour des greens (surfaces de gazon qui entoure le trou) du golf de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine), l’herbe a jauni, les fairways (zones d’un parcours de golf, situées entre le départ et le green) ont pris des airs de fin d’été, tandis que certaines zones restent d’un vert éclatant. Le golf municipal, qui comporte neuf trous et vingt-et-un hectares, est loin de ressembler partout à une pelouse bien arrosée. Nous avons réduit notre arrosage, mais aussi baissé la fréquence des tontes : on évite tout stress pour le gazon , indique Emmanuel Acera, intendant de terrain de golf depuis quatre ans. Là où les tontes étaient quotidiennes, elles ne sont désormais effectuées qu’une fois par semaine. Depuis le mois de mai 2026, l’entretien du lieu a été adapté : les arroseurs automatiques sont coupés, et l’eau de pluie récupérée sur les toitures du centre technique municipal permet l’irrigation. Les volumes d’eau utilisés ont nettement fondu : On est passés de 44 m³ d’eau par jour à 6 m³, soit une consommation divisée par sept , précise l’intendant.

Des parties du parcours fermées

Sur le parcours, les conséquences de la sécheresse sont visibles. Les greens classiques sont fermés au profit des greens d’hiver, les départs traditionnels aussi : les golfeurs commencent désormais leur partie sur des tapis synthétiques. Si le practice reste ouvert, les putting greens (zones de golf dédiées au travail du « putt », coup de précision pour faire rouler la balle dans le trou), eux, sont clos. On favorise les départs synthétiques, à cause du tassement et du piétinement pour préserver la pelouse , détaille Emmanuel Acera. Les gestes habituels d’entretien sont aussi repensés : le jardinier a notamment renoncé à certaines opérations mécaniques destinées à aérer le sol, afin de ne pas exposer les racines au soleil. L’objectif n’est donc plus de maintenir un parcours uniformément vert, mais de préserver ce qui peut l’être. La composition des graminées sur les greens a été repensée, avec environ 80 % de pâturin (plante), choisi pour sa capacité à supporter les conditions difficiles. Le golf bénéficie malgré tout d’un allié naturel : les arbres. On a la chance d’avoir un parcours très ombragé. En période hivernale, ça manque de luminosité, mais pour les périodes de chaleur, c’est pratique.

La canicule de 2022 « a créé une vraie rupture »

Pour Baptiste Dudognon, directeur des sports de la Ville, l’épisode actuel a été anticipé. La canicule de 2022 a été l’occasion de réfléchir à de nouveaux moyens d’entretien : elle a créé une vraie rupture, on a compris qu’on devait s’adapter. Récupérateurs d’eau, tontes plus hautes, arrosages espacés : plusieurs mesures expérimentées en 2022 ont été reprises cet été. Au golf, cette transformation passe aussi par le dialogue avec les joueurs. On a créé un véritable relationnel avec les pratiquants. On leur explique comment on travaille et ils compatissent pour nous , raconte Emmanuel Acera. Jean-Pierre Savignac, maire de Cesson-Sévigné, envisage d’investir dans des stations météo adaptées au territoire. Car le prochain défi sera de connaître au plus près les besoins des végétaux, notamment à travers l’évapotranspiration. L’enjeu majeur, c’est d’arroser finement, de cibler les besoins, et de ne pas gaspiller l’eau , résume Baptiste Dudognon.