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Noyades, avaries, fausses alertes : comment l’organisation des secours sur la façade Atlantique s’est adaptée à la canicule

Le Télégramme · 16/10/2026 · ← revue

Un été « hors-norme »

Cet été, « la recherche d’une relative fraîcheur a saturé nos côtes », du Mont-Saint-Michel à la frontière espagnole, a souligné, ce vendredi, Marc-Antoine de Saint-Germain. Depuis Trégastel, le préfet maritime de l’Atlantique a dressé le bilan de la campagne de sécurité des loisirs nautiques et de la plaisance (du 1er mai au 30 septembre). Pour les organismes de secours, les canicules ont été « des épreuves hors normes ».

Près de 3 000 opérations de secours

Sur cette période, la préfecture maritime recense 2 970 opérations coordonnées par les deux Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (Cross), Corsen et Étel. Ces interventions ont impliqué « près de 6 000 personnes », traduisant un pic d’activité inédit marqué par « des interventions jusqu’à tard en soirée ».

La baignade, premier danger

« La baignade reste le premier danger », rappelle le préfet. En 2026, les Cross ont coordonné 209 opérations de ce type, en hausse de 47 % par rapport à 2025. Huit personnes ont perdu la vie, trois de plus que l’année précédente. Les autorités attribuent cette dérive à l’afflux massif de baigneurs sur le littoral. Ce bilan ne prend en compte que les sauvetages gérés par les Cross : de son côté, le Système d’observation de la sécurité des activités nautiques doit publier prochainement des chiffres globaux qui anticipent déjà une hausse de 20 % des noyades sur la façade atlantique !

Avaries de moteur

Sur l’ensemble des sorties, 1 204 avaries découlent de pannes mécaniques. Ce volume interroge les services de l’État sur le défaut d’entretien des embarcations, dans un contexte d’expansion de la plaisance à moteur et de diffusion du jet-ski, notamment au nord de la Bretagne. Par ailleurs, sur 1 300 contrôles menés lors des Journées de sécurité en mer, 300 infractions ont été relevées, principalement pour manque ou insuffisance de matériel de sécurité à bord.

25 morts

Au total, 25 personnes ont perdu la vie, entre mai et septembre, sur la façade atlantique, un chiffre « stable » par rapport à 2025. Ces drames touchent des baigneurs, mais aussi des plaisanciers, plongeurs et chasseurs sous-marins. Le Finistère enregistre le bilan le plus lourd, avec 14 décès.

Des fausses alertes

Les secours déplorent 494 fausses alertes. Ces déclenchements intempestifs « viennent amputer une force de frappe plus que comptée », regrette le préfet maritime. « Quand un moyen est mobilisé, il est indisponible pour sauver », insiste-t-il, rappelant qu’« une heure de vol d’un hélicoptère H160 de la Marine coûte environ 7 000 euros ».

Le 196 pour gagner du temps

Pour optimiser les secours, les autorités préconisent le réflexe du 196. « Il permet de géolocaliser l’appel », précise Constance Fabre, directrice du Cross Corsen. Associé au canal VHF 16, le numéro d’urgence offre deux leviers d’alerte complémentaires. Signaler rapidement la perte d’un équipement (un paddle à la dérive, par exemple) évite également le déclenchement inutile des secours.