Revue de presse

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« Nous n’avons eu que des demi-mesures » : à Rennes, le coup de gueule des commerçants après les premières annonces de la mairie

Le Télégramme · 30/10/2026 · ← revue

C’est un nouveau cri d’alarme qu’ont lancé les quelque 200 commerçants réunis devant l’Hôtel de ville de Rennes, ce vendredi 30 octobre 2026. Après les dégradations et pillages de leurs commerces en marge des manifestations des 17 et 24 octobre, un Collectif des commerçants, artisans et travailleurs indépendants de Rennes s’est monté, et a lancé une pétition lundi afin de demander un plan de soutien d’urgence. 530 commerçants de Rennes ont depuis rejoint ce collectif et la pétition a réuni plus de 15 000 signatures. « Depuis le 17 octobre, tous les commerces sont touchés, ceux qui ont été cassés et pillés, comme les autres. Près d’un commerce sur cinq a subi des dégradations à Rennes, s’inquiète Sophie Juban, une des représentantes du collectif. Nous avons tous perdu du chiffre d’affaires, jusqu’à la moitié pour certains ».

« Nous attendons plus en ce qui concerne la gratuité dans les transports et pour les parkings »

Ce vendredi matin, ils ont été reçus par la préfète de région, Emmanuelle Dubée, puis par la maire de Rennes, Nathalie Appéré. Ils en sont sortis déçus et frustrés. « Nous remercions madame la maire et madame la préfète de nous avoir écoutés, mais nous aurions aimé obtenir des solutions concrètes. Or, nous n’avons eu que des demi-mesures », explique Marie Beucher, elle aussi représentante du collectif.

Dans un communiqué, Nathalie Appéré indique que la Ville va « multiplier l’animation du centre-ville autour de nouveaux évènements organisés à l’occasion de Cet hiver à Rennes. Ces mesures incluront des jours de gratuité des transports ou heures de gratuité de stationnement dans les parkings en ouvrage, ainsi qu’une exonération exceptionnelle des droits de terrasse ». Une dernière mesure qui satisfait le collectif, « mais elle ne va pas bénéficier qu’aux bars et restaurants. Et nous attendons plus que cela en ce qui concerne la gratuité dans les transports et pour les parkings ».

Une nouvelle réunion avec la Ville lundi 2 novembre

Alors que le collectif réclame deux heures de gratuité pour le stationnement dans les parkings, « le temps que les clients viennent faire leurs achats, la mairie ne nous propose qu’une heure. Et nous voulons que les transports en commun soient gratuits les week-ends jusqu’à la fin de l’année, alors que la Ville ne nous accorde que le samedi et le dimanche lors des trois dimanches d’ouverture exceptionnelle avant les Fêtes ».

La préfète leur a également annoncé que la possibilité d’ouvrir les commerces cinq à six dimanches au lieu de trois était à l’étude. Le collectif réclame également à la municipalité une exonération de la CFE (cotisation foncière des entreprises) et de la TLPE (Taxe locale sur la publicité extérieure). Et à l’État « la reconnaissance officielle du préjudice économique et un fonds exceptionnel de compensation de nos pertes de chiffre d’affaires ».

Si leurs revendications n’ont pas toutes été suivies pour le moment, un nouveau rendez-vous est prévu lundi 2 novembre avec l’adjoint au commerce Sébastien Sémeril pour leur présenter « un plan d’action pour renforcer l’attractivité du centre-ville ». Ce samedi 31 octobre, une nouvelle manifestation est prévue à Rennes. « Notre collectif est pour la liberté de manifester et nous rejoignons beaucoup de demandes des manifestants. Nous ne sommes pas contre les manifestations, mais nous avons aussi le droit de travailler, pointe Marie Beucher. Nous sommes à la fin du mois et la plupart des commerçants s’inquiètent de ne pas pouvoir payer leurs salariés. Si rien n’est fait en urgence, les défaillances vont se multiplier dans les semaines et les mois à venir ».