Revue de presse

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« Nous gardons tous un profond sentiment de dégoût » : en Bretagne, ces instituteurs admis au concours restent sur la touche

Le Télégramme · 15/10/2026 · ← revue

« Nous avons le sentiment d’avoir été complètement méprisés ». Pour les 22 enseignants reçus sur liste complémentaire au concours de professeur des écoles de l'académie de Rennes, la rentrée a définitivement un goût amer. Avant le mouvement lycéen, eux aussi s’étaient mobilisés, dans l’espoir que le Rectorat fasse appel à eux pour prendre en charge une classe. L’institution avait jusqu’au 30 septembre pour les contacter. Passé ce délai, il n’était plus possible de les embaucher. « Mais personne ne nous a appelés », se désole Léon (*), l’un des instituteurs concernés. Ces 22 enseignants sur liste d’attente doivent donc désormais chercher du travail. Et repasser leur concours s’ils désirent toujours devenir instituteurs.

« Nous avons été très naïfs »

Un coup de massue. Après plus de trois mois de mobilisation, ils restent sur la touche. « Nous gardons tous un profond sentiment de dégoût et de rancœur car nous n’avons eu aucun retour à nos demandes d’audience du Rectorat, à Rennes. Nous avons agi de manière pacifique, sans jamais rien obtenir. Nous avons été très naïfs en pensant que nous allions travailler en collaboration avec le Rectorat pour pallier le manque d’enseignants ». Contactée, l’académie de Rennes n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Pourtant, les années précédentes, le recours à la liste complémentaire a été systématique. « Lors des quatre dernières années, tous les reçus sur cette liste ont été appelés », pointe Léon. « Dans d’autres académies, comme en Mayenne, des enseignants sur liste complémentaire ont été appelés cette année, ajoute Mickaël Bézard, secrétaire du SNUDI FO d’Ille-et-Vilaine. C’est un choix que nous regrettons dans notre académie ».

« Dans le contexte actuel de mobilisation, leur recrutement aurait été un signal fort »

Selon lui, la raison est avant tout budgétaire. « On constate un resserrement à tous les niveaux. Lors d’une audience au ministère le 16 septembre, il a été confirmé que des arbitrages budgétaires avaient été faits. Un fonctionnaire coûte plus cher qu’un contractuel que l’on peut recruter puis ne pas reconduire l’année suivante. Nous le déplorons car, dans le contexte actuel de mobilisation, le recrutement de ces listes complémentaires aurait été un signal fort ».

Léon a d’ailleurs l’intention de repasser contractuel. « Aujourd’hui, je suis sans emploi, je vais donc en faire la demande par nécessité financière. Certains de mes collègues refusent catégoriquement cette option et préfèrent renoncer définitivement à entrer dans l’Éducation nationale tellement la situation les a dégoûtés ». Léon a, lui, toujours l’intention de devenir titulaire. « Je pense repasser le concours car je souhaite toujours être face aux élèves, même si aujourd’hui, il faut admettre que le cœur n’y est plus trop ».

(*) Le prénom a été changé