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« Nous avons mesuré 80 °C » : Enedis remplace ses vieux câbles électriques sensibles aux températures extrêmes

Le Télégramme · 29/09/2026 · ← revue

Un chantier d’envergure vient de démarrer dans le quartier du Blosne, au sud de Rennes. Il va durer dix semaines. Enedis fait procéder au remplacement de 2,5 kilomètres de câbles souterrains de moyenne tension (20 000 volts). Ils desservent environ 25 000 habitants en électricité.

« Nous avons relevé des mesures à 80 °C, à quelques centimètres sous le goudron, lors des températures caniculaires », relate Pascal Pouzac, le directeur d’Enedis Bretagne, en désignant une tranchée d’où émergent de vieux câbles gainés de papier imprégné. Leur gangue protectrice huileuse se révèle parfois abîmée.

Une quarantaine d’incidents depuis mai

Il existe encore 900 kilomètres de ces câbles, posés dans les années 1970, en Bretagne. Soit 1 % des câbles souterrains. La chaleur peut contribuer à rompre leur protection isolante, à dégrader les boîtes de jonction qui relient deux câbles entre eux et provoquer des incidents, parfois jusqu’à la coupure de courant. Enedis en a répertorié une quarantaine, dans la région, depuis mai, deux à trois fois plus que d’habitude à cette période de l’année.

Le gestionnaire du réseau prévoit de supprimer 90 % de ces câbles surannés, à l’horizon 2040, dans le cadre de son vaste programme de modernisation et d’adaptation de ses installations souterraines et aériennes au changement climatique. Ce programme global génère 300 millions d’euros d’investissements, rien qu’en 2026, dont le tiers dans le remplacement et l’enfouissement de mille kilomètres de câbles.

Le nombre d’incidents divisé par trois

Sept millions d’euros sont spécifiquement consacrés au remplacement de trente kilomètres de câbles gainés de papier par des câbles de nouvelle génération, plus résistants. Ces derniers, à isolation synthétique, « divisent par trois le nombre d’incidents pendant les périodes de températures extrêmes, en particulier dans les grandes villes comme Rennes », éclaire Pascal Pouzac. « On se base sur des retours d’expérience de canicules, survenues entre 2015 et 2023, en France, notamment en 2022, pour documenter cette réduction du risque », complète-t-il.

« Ne pas se laisser surprendre »

Au Blosne, à Rennes, 300 000 euros sont injectés dans les travaux. Depuis quelques jours, une excavatrice, louée par la société malouine SMPT, aspire la terre et les fragments de roche en souterrain pour dégager les sections de câbles à changer. L’équipement permet d’aspirer des cailloux qui pèsent jusqu’à 70 kg. Le directeur de l’entreprise, Pierre-Emmanuel Armange, assure « qu’au moins 50 % des matériaux prélevés dans le sous-sol seront réutilisés pour stabiliser la nouvelle section du réseau électrique et combler les tranchées ».

Du côté d’Enedis, les problématiques climatiques ne se limitent pas aux effets des vives chaleurs. Les câbles aériens devront résister aux assauts des tempêtes, les câbles souterrains (50 % du réseau électrique en Bretagne) au mouvement des sous-sols ou aux inondations récurrentes. Mais Enedis doit aussi anticiper des reculs de traits de côte et les submersions marines dans certaines zones de la région. « On est en train de faire des projections pour ne pas se laisser surprendre et prévoir le déplacement d’ouvrages exposés », signale Pascal Pouzac.