Nappes, réserves, restrictions, stockage… Comment la préfecture du Morbihan aborde la sécheresse ?

La préfecture du Morbihan a tenu un comité de gestion de la ressource en eau le lundi 20 juillet 2026. Déficit hydrique, mesures, aménagements, pédagogie, chantier, stockage… Le préfet du Morbihan Michaël Galy fait le point avant de durcir les restrictions par arrêté préfectoral. Comment expliquer ce déficit hydrique dans le Morbihan ? Au-delà des trois canicules, un déficit hydrique est présent depuis le printemps 2026. On a eu un hiver relativement pluvieux. Il y a une problématique de nappes phréatiques peu profondes en Bretagne. Le stockage naturel de l’eau est contraint par la situation géologique. Avez-vous quelques données ? Depuis le mois de mars, on a un déficit hydrique. En partant du mois de mai, on a un déficit hydrique de 35 % par rapport à la normale. Ce déficit hydrique s’accompagne d’épisodes caniculaires. Cela renforce l’assèchement de la ressource en eau. En juin, les températures moyennes étaient 4 °C supérieurs à la moyenne. Sur les 15 premiers jours de juillet, on est à 6 °C au-dessus des normales de saison. Est-ce que les orages ont arrangé les choses ? On pourrait se dire que les pluies orageuses des 15 et 16 juillet ont pu aider la situation. Mais c’était hétérogène. De quelques millimètres à 80 mm, ce ne sont pas des pluies efficaces car elles sont tombées sur des sols secs. La tendance à la dégradation est juste retardée, pas effacée. Qu’en est-il de l’indice de sécheresse ? Sur les indices de sécheresse, l’indice est plus sec qu’à la normale. Sans les pluies du 15 et 16 juillet, nous aurions atteint l’indice « sécheresse exceptionnellement bas ». Cela aurait été une première dans le Morbihan. De la pluie est-elle au programme ? En regardant les prévisions, on a 0 % de probabilité de pluie d’ici à samedi. Pour la semaine prochaine, pour la probabilité qu’il pleuve plus de 5 mm, c’est 4 à 5 %. D’ici samedi prochain, c’est 2 à 3 % de chance de pluie. Quelles sont vos conclusions ? En conclusion, à la mi-juillet, la sécheresse est proche de celle de 2022 mais à mi-août. Quelles mesures avez-vous prises ? J’ai pris un arrêté-cadre sécheresse au début de l’été. On y explique les différentes restrictions. Lorsque l’on arrive dans un secteur de crise, on réunit le comité de gestion de la ressource en eau. On prend un nouvel arrêté avec un secteur en crise, à savoir le secteur Roi Morvan Communauté. Avons-nous des réserves d’eau suffisantes ? Suivant les territoires, on travaille avec des forages ou des barrages. Les critères pour mettre le département en crise, c’est l’inquiétude des producteurs d’eau sur l’eau potable. C’est ce qui ressort du comité de gestion. On a eu des niveaux historiquement bas lors des épisodes de canicule. On a des ressources à un niveau acceptable mais on est que le 20 juillet… Or, la période touristique n’est pas terminée. Lorient Agglomération attend beaucoup de monde avec le Festival Interceltique. Quel message souhaitez-vous faire passer pour éviter une crise d’ampleur ? On passe en alerte renforcée car il faut un effort de solidarité marquée par tout le monde (acteurs économiques et particuliers) pour franchir la période estivale et l’automne. Quel est le chantier prioritaire ? Il faut travailler sur l’interconnexion du Roi Morvan avec les autres secteurs. C’est un sujet technique qui demande plusieurs années. Quelles sont les autres solutions ? Il faut s’adapter. Cela passe par la sobriété. Il faut apprendre à vivre dans ce contexte. Les entreprises doivent réutiliser l’eau. Cela demande des investissements mais c’est vertueux. C’est indispensable pour assurer leur production. Faut-il stocker l’eau ? Il faut stocker l’eau quand elle tombe. Je souhaite un débat dépassionné sur ce sujet. Il ne s’agit pas de construire des mégabassines. Mais il va falloir stocker l’eau lorsqu’elle va tomber. Il faudra définir les usages pour cette eau. Il faut aborder le stockage multi-usage. Sinon, on va revivre les mêmes épisodes de crise. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.