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Morbihan : à Pontivy, avec la sécheresse, le travail diversifié des éclusiers s'adapte

actu.fr · 20/08/2026 · ← revue

En raison du passage au niveau quatre d’alerte sécheresse dans l’ensemble du Morbihan, les agents ont dû arrêter la navigation pour préserver les prélèvements destinés aux habitants. « C’est l’eau du Blavet qu’on boit, l’arrêt de la navigation permet d’éviter qu’elle se déverse plus rapidement dans la mer », rappelle Benoît Rommelaere, éclusier à Pontivy.

72 écluses

Face aux contraintes climatiques, la gestion du niveau des biefs, ces portions de canal situées entre deux écluses, constitue une priorité pour les éclusiers en chômage technique en pleine saison de navigation. Entre Pontivy et Rohan, le canal emprunte une section artificielle alimentée par le versant de la colline et par des pompages dans le Blavet. En l’absence de passage de navires, l’ouverture ou la fermeture des ventelles permet de réguler les volumes. Benoît Rommelaere indique que ces purges visent à « garantir les niveaux d’eau pour la biodiversité, afin d’éviter le mécontentement des passereaux et de préserver les libellules ». Ce réseau artificiel compte 54 écluses, réparties entre le versant Oust et le versant Blavet.

Le plus vaste périmètre de Bretagne

Au total, le secteur regroupe 72 écluses en fonctionnement sur 70 kilomètres de halage, formant le plus vaste périmètre de la Région Bretagne. « La Bretagne est la seule région à gérer elle-même ses canaux, ce qui garantit la gratuité pour les usagers » indique Fabien Le Bris, responsable du centre fluvial de Pontivy. En temps normal, les déplacements des plaisanciers s’effectuent sur réservation préalable. « Ils préviennent 24 heures à l’avance pour passer », explique l’éclusier Benoît Rommelaere. Un agent prend alors en charge le bateau pour le suivre tout au long de son parcours. « Dès qu’on passe un bateau, il y a tout le monde qui s’arrête », précise l’éclusier. Les gens de passage s’arrêtent souvent pour regarder. Les éclusiers répondent alors à leurs questions sur le canal et la région, « un peu comme le ferait un office de tourisme » ajoute-t-il.

Du travail toute l’année

L’activité des agents ne se limite pas aux manœuvres d’écluses. Durant toute l’année, ils réalisent en parallèle l’entretien des terre-pleins, le fleurissement des sites, le graissage des mécanismes ou le nettoyage des débris bloqués dans les ventelles, leur principale activité actuelle. Pendant l’hiver, ils rejoignent les équipes du halage pour des travaux terrestres : dégagement des arbres tombés, gestion de la signalisation, entretien du patrimoine bâti et évacuation des embâcles sur les déversoirs.

25 à 50 kilomètres par jour

Pour effectuer leur travail le long du canal, les agents accomplissent quotidiennement entre 25 et 50 kilomètres. Les déplacements, historiquement réalisés en voiture, font aujourd’hui l’objet d’expérimentations à vélo afin de mieux s’adapter au chemin de halage. « Un vélo prend moins de place sur un halage », souligne Fabien Le Bris, responsable du centre fluvial de Pontivy pour la région Bretagne.

« C’est un joli job dans un beau cadre »

Ancien jardinier à la mairie de Paris, Benoît Rommelaere a rejoint la Région Bretagne il y a 14 ans, apprenant le métier directement sur le terrain. En l’absence de formation initiale spécialisée, la polyvalence s’impose comme la compétence clé pour gérer à la fois la mécanique hydraulique, les espaces verts et la relation avec les usagers. « C’est un joli job dans un beau cadre », résume Fabien Le Bris à propos de ces missions d’entretien et de régulation au plus près de la nature. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.