Revue de presse

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Mobilisations du 5 novembre en Bretagne : près de 75 000 manifestants, des heurts à Brest, Quimper et Rennes

Le Télégramme · 05/11/2026 · ← revue

1 Blocages, distributions de tracts et feux de poubelles dès l’aube

Pour certains, cette nouvelle journée de mobilisation a débuté à l’aube. Cela a été le cas pour Madeleine Pengam, 86 ans. Vers 6 h 30, elle a été la première à se positionner sur le rond-point de Pen ar C'hleuz, à Brest. « Les autres ne devraient pas tarder. Moi, je suis une lève-tôt et j’habite juste à côté », a-t-elle lancé avec le sourire. Ce rond-point a été bloqué une partie de la matinée.

À Saint-Agathon (22), dans la zone de Bellevue, c’est à une distribution de tracts que les manifestants se sont livrés. « Si quelques vitres sont restées fermées, on sent un soutien quasi unanime envers le mouvement lycéen. On a eu pas mal de paroles d’encouragement », a rapporté Éric.

Tôt, ce jeudi, les lycéens aussi étaient mobilisés : ils ont tenté - en vain - de bloquer certains établissements, et ont brûlé des poubelles devant les lycées Colbert, Marie-Le Franc et Saint-Louis, à Lorient ; Ernest-Renan, à Saint-Brieuc ; Jules-Lesven, à Brest…

2 De multiples revendications

On a de nouveau assisté à une convergence des luttes. « Je suis là pour la jeunesse, leur avenir, la planète, le pouvoir d’achat », a détaillé Nathanaël, qui travaille à Lorient pour le Low-tech Lab. À Lannion, les syndicats ont dénoncé les suppressions de postes au sein de l’Éducation nationale et la fusion des écoles en milieu rural. Ils demandent aussi un statut « convenable » pour les AESH.

Des pompiers étaient également présents dans les cortèges. « On continue notre mouvement national démarré le 8 septembre. On est mobilisés pour le financement de nos Sdis, qui arrivent à bout de souffle, car il y a un manque de personnel. On est un peu les couteaux suisses du service public et comme énormément sont en souffrance, on arrive à une rupture capacitaire », a expliqué Damien Litra, secrétaire général de la CGT au Sdis 56, croisé à la manifestation de Lorient.

3 Des heurts constatés

Au cours de la matinée, à Rennes, la préfecture a dénoncé des jets de « boules de pétanque » sur les forces de l’ordre. « Des actes de violence particulièrement graves, par des jeunes gens souvent accompagnés d’adultes, ont été commis envers les forces de sécurité intérieure qui ont notamment fait l’objet de jets de boules de pétanque devant le lycée Bréquigny », a-t-elle dénoncé.

Et, dans l’après-midi, des tensions ont été enregistrées à Brest, Quimper et Rennes. Dans la capitale bretonne, trois manifestants ont même été blessés à la tête. Plusieurs syndicalistes ont par ailleurs été frappés par des émeutiers, certains leur reprochant de suivre les consignes préfectorales de changement de parcours. « On a littéralement été attaqués », a dénoncé Fabrice Le Restif, secrétaire général de Force Ouvrière 35.

4 Près de 75 000 manifestants

En Bretagne, au total, près de 75 000 manifestants sont descendus dans la rue ce jeudi. D’importants cortèges ont été recensés. À Rennes, les autorités ont, par exemple, vu déferler une marée humaine, avec entre 20 600 et 30 000 manifestants, selon la préfecture et Force ouvrière.

Avec un millier de personnes, à Dinan (22), les rangs des protestataires se sont nettement étoffés depuis les précédents rendez-vous : ils étaient environ 300 le 24 octobre, pas plus de 200 le 31 octobre. À Quimperlé (29), plus de 1 200 personnes ont défilé. Ils n’étaient que 300 le 17 octobre. « On est loin du record des 6 000 pour la réforme des retraites, mais c’est vraiment pas mal », a fait remarquer un de nos confrères sur place.