Revue de presse

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Mobilisation du 24 octobre : pourquoi le préfet interdit les rassemblements dans le centre de Lorient ?

actu.fr · 22/10/2026 · ← revue

Alors qu’une manifestation a été déclarée à Vannes ce samedi 24 octobre 2026, coorganisée par la CGT et LFI, pour Lorient (Morbihan) la situation est différente. En l’absence de déclaration d’un rassemblement pendant l’acte 2 contre la vie chère pour lequel des appels à manifester ont pourtant circulé, le préfet du Morbihan a pris la décision d’interdire tout rassemblement en centre-ville.

Interdiction de se rassembler en centre-ville

« À l’heure où nous nous parlons, nous n’avons pas eu de déclaration de manifestation revendicative » a annoncé le préfet du Morbihan Michaël Galy ce jeudi 22 octobre à 14 h. Par conséquent, la préfecture a pris la décision d’interdire toute manifestation à des fins revendicatives dans le centre-ville de Lorient ce samedi 24 octobre 2026. Un appel à manifester a pourtant été lancé, avec un point de rendez-vous donné à 14 h avenue du Faouëdic. Pour rappel, la manifestation du 17 octobre ayant donné lieu à des violences urbaines et exactions à Lorient, laquelle s’était prolongée en soirée n’était pas déclarée : « Ce n’est pas acceptable, cela fait courir des risques sur un parcours inconnu et dont on méconnaît les horaires » a rappelé le préfet. Il y a des personnes qui vont manifester qui ne savent pas toujours si c’est autorisé. On le voit sur les réseaux et on y va sans se poser la question. À Lorient, ce n’est pas autorisé donc j’incite les concitoyens qui respectent l’État de droit à ne pas y aller. Et pour ceux qui ne le respectent pas, les moyens de sécurité seront mis en œuvre. Pour l’appel à manifester de Pontivy un périmètre d’interdiction est aussi mis en place.

Présence des forces de l’ordre renforcée

Au-delà de cette interdiction de manifester dans le centre-ville de Lorient, d’autres arrêtés seront pris, comme celui interdisant le transport et l’usage de moyens et d’engins pyro techniques ou encore le transport de toute arme. Durant cette journée du 24 octobre, un renforcement des effectifs des forces de sécurité intérieure est prévu : « nous nous préparons quand même à l’hypothèse d’un rassemblement, avec l’adaptation tactique des forces de l’ordre » annonce le préfet. Tant à Lorient qu’à Vannes, une discussion est par ailleurs engagée entre les services de l’État et les représentants des commerçants afin de les accompagner. En particulier pour les commerces vandalisés : « je rappelle que 7 commerces ont été vandalisés ou pillés à Lorient samedi dernier. Nous allons expliquer, ville par ville comment on peut accompagner les commerçants » a-t-il assuré. Il y aura une permanence avec un dispositif de sécurité organisé sur place à Lorient tenu par madame la sous-préfète, qui permettra aux commerçants d’avoir des numéros directs. Ainsi, s’ils étaient en difficulté, il y aura un circuit court pour prévenir directement le PC de sécurité.

Un PC de sécurité mis en place

Le préfet n’incite pas particulièrement les commerçants à fermer malgré le risque de nouvelles dégradations compte tenu du fait que le samedi est un jour durant lequel les recettes sont plus importantes. Il appelle cependant à la plus grande vigilance. À la question de leur hypothétique auto-armement pour se protéger : « ils ont été traumatisés par l’épisode de samedi dernier, on va avoir un dispositif de présence renforcé et agile dans ce contexte d’absence de déclaration, mais en République personne ne doit se faire justice soi-même et ceux qui voudraient le faire se mettent en danger et en insécurité » a-t-il mis en garde rappelant que le monopole de la force légitime appartient aux représentants de l’État. Pour éviter d’éventuels incidents, la sous-préfète de Lorient Florence Bessy a également rencontré les organisateurs du Salon du chocolat qui aura lieu samedi prochain « pour qu’ils puissent adapter leur dispositif de sécurité ce jour-là ». Un couvre-feu est-il envisagé ? Un couvre-feu n’est pas privilégié par le préfet : Sur Lorient, la discussion s’est ouverte avec le maire, mais nous ne l’avons pas fait car la semaine dernière les échauffourées ont débuté vers 14 h-15 h et se sont terminées vers 22 h 30, or un couvre-feu débute à 21 h. Donc d’après les retours d’expérience de la semaine dernière à Lorient, cette mesure ne semblait pas pertinente. Des déclarations de rassemblement pourraient encore être faites pour Lorient et Pontivy, tout comme à Guémené-sur-Scorff (à 14 h à l’allée de Rohan) et à Gâvres (Place de la Mairie à 14 h) où des appels à manifester ont été lancés. Toutefois le cadre juridique requiert qu’une déclaration soit faite dans un délai de trois jours avant la date de la manifestation : « sur les mouvements lycéens, on avait été très souples, même si c’était 48 heures avant, on a regardé avec bienveillance pour accompagner le mouvement » a rappelé le préfet, qui condamne la présence du nombre important de casseurs « qui ne sont pas là pour revendiquer mais pour contester mais porter atteinte aux symboles de la République et à son organisation. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.