Revue de presse

Copie archivée
📄 Copie archivéeBypass autonome (curl_cffi)Reformaté pour la lecture — sans pub ni fioriture.Ouvrir l'original ↗

« Maman m’a fait des choses, lui m’a fait des pires » : cette fillette a passé sept jours à l’hôpital de Rennes

actu.fr · 15/07/2026 · ← revue

« Je n’ai pas eu le rôle qu’un parent devait avoir », admet cette mère au tribunal de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 9 juillet 2026. Elle reconnaît une partie des faits qui lui sont reprochés « une gifle, des tapettes et des mots », mais elle réfute l’accusation qui a valu à la justice de s’intéresser à elle dans les premiers lieux : avoir frappé sa fille de 4 ans au visage lui provoquant des hématomes nécessitant une hospitalisation de sept jours. Son ancien compagnon, lui, réfute tout.

Urgences pédiatriques et CHU de Rennes

Ce qui s’est passé dans la nuit du 29 au 30 novembre 2023, on ne le saura toujours pas à la fin de l’audience. La fillette de 4 ans dormait au domicile de son beau-père à Vildé-Guingalan avec sa mère lorsque cette dernière l’emmène aux urgences de Dinan (Côtes-d’Armor) après avoir constaté un hématome sur son visage. Elle et sa fille sont renvoyées chez elles, mais la mère revient quelques heures plus tard. L’hématome est de plus en plus imposant. L’hôpital de Dinan la transfère alors au CHU de Rennes où elle restera 7 jours dans le service pédiatrique. Elle présentait un hématome péri orbitaire bilatéral (autour des deux yeux) ainsi que sur la joue droite, une hémorragie et des douleurs à l’oreille droite. Le CHU choisit de faire un signalement pour maltraitance. Une enquête démarre alors, révélant le climat de violence dans lequel vivait l’enfant depuis quelques mois.

L’enfant change quand sa mère trouve un nouveau compagnon

Séparés depuis plusieurs années, les parents de la petite fille l’avaient en garde alternée. Tout se passait bien, jusqu’à ce que le père de l’enfant constate quelques changements. L’enfant, qui est décrite par tous les témoins comme casse-cou et colérique, revient souvent mal lavée, parle de manière négative de sa mère et présente parfois quelques bleus, toujours justifiés par une chute ou un geste maladroit de l’enfant. Cela intervient à partir du moment où la mère rencontre son nouveau compagnon. La maîtresse de l’enfant constate des absences répétées et la famille paternelle remarque aussi les bleus occasionnels. Et puis, il arrive que la petite dise à son père que « Maman et son compagnon sont méchants ». Le père rapporte « on ne pouvait pas prononcer le nom du compagnon de sa mère sans qu’elle se braque ».

Des violences certaines

Il se souvient également d’une soirée où il a invité le couple à venir chez lui et sa compagne. Alors qu’ils discutent des mensonges fréquents de l’enfant, sa mère la gifle. La soirée continue pourtant. Père et beau-père boivent et déclenchent une bagarre dans laquelle le beau-père lance « je vais violer ta fille ». Cette gifle, la mère la reconnaît. Tout comme elle reconnaît donner parfois des douches froides à sa fille lorsqu’elle n’arrive plus à gérer ses colères. Le beau-père lui, nie tout. Il a passé beaucoup de temps avec la petite et son propre fils, puisqu’étant sans emploi, il les gardait régulièrement. La mère n’y voit à l’époque pas de soucis. Pourtant aujourd’hui, elle se souvient des phrases de sa fille « Maman ne pars pas, quand tu pars je fais des bêtises et il me punit ».

Pas d’explications sur la soirée du drame

C’est dans ce contexte que s’est déroulée la soirée du 29 novembre 2023. La fillette a passé la journée seule avec son beau-frère et son beau-père. Quand sa mère arrive, tous trois dorment. Comme régulièrement, l’enfant refuse de dîner et fait une colère. Son beau-père l’emmène dans sa chambre, d’où pas un bruit ne sort « je lui ai parlé pour qu’elle se calme », affirme-t-il. Elle finit par redescendre manger, prend sa douche et va se coucher. Dans la nuit, elle appelle sa mère qui constate les bleus. Elle affirme que son compagnon lui aurait dit « je te jure c’est pas moi », lui insinue qu’elle aurait pu avoir frappé sa fille après avoir été réveillée dans la nuit.

Casier judiciaire pour violences

Elle n’a aucun casier judiciaire mais lui si, il a déjà été reconnu coupable d’avoir frappé et serré au cou l’enfant d’une ancienne compagne en 2018 ainsi que de violences conjugales en 2021. À la barre du tribunal, le père de l’enfant rapporte des gestes explicites mimés par l’enfant que son beau-père lui aurait fait. Devant ces accusations de violences sexuelles, le prévenu répond « je préfère me balancer d’un pont que toucher un enfant ».

Bracelet électronique, sursis et dommages et intérêts

« Sans surprises, on n’a pas de réponses à nos questions… », constate l’avocate du père et de l’enfant qui réclame 5 000 € de dommages et intérêts pour l’enfant. La procureure de la République plaide pour 1 an de prison sous bracelet électronique pour la mère et le beau-père. Elle rappelle les mots de l’enfant lors d’une expertise psychiatrique « Maman m’a fait des choses, mais lui m’a fait des pires ». Ils seront finalement tous deux déclarés coupable. Madame sera condamnée à deux ans de sursis probatoire et perdra son autorité parentale, son ex-compagnon à trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique et deux en sursis probatoire. Ils devront également verser les sommes réclamées par la partie civile. Personnalisez votre actualité en ajoutant vos villes et médias en favori avec Mon Actu.